Valérie Kulton a repris en 2019 la boutique Indigo de Maryse Tricou. Sept ans plus tard, elles travaillent encore ensemble à pérenniser cette historique boutique de vêtements indépendante.
C’est l’histoire du retour aux sources d’une fashion victim tonneinquaise. Jeune adolescente, c’est chez Maryse Tricou que Valérie Kulton achète son premier jean et vide ses économies dans la boutique Biba de l’autre côté de la rue Joffre. « J’ai toujours été une fan de fringues qui adore bien s’habiller et porter de belles choses. «
Cette boutique Maryse l’a tenu pendant 34 ans à la suite de Mme Delile fidèle au poste pendant 32 ans. La transmission féminine se poursuit aujourd’hui avec Valérie, propriétaire depuis 7 ans. « J’ai d’abord vécu 18 ans en Italie. Partie pour travailler suite à une fac d’italien j’ai fini par y accomplir la première partie de ma vie professionnelle comme barman. Une vie palpitante mais une vie de sacrifice qui ne me correspondait plus et qui a motivé, entre autres, mon retour en France. » A son arrivée, la jeune femme multiplie les expériences comme vendeuse en prêt à porter dans différentes boutiques grand public. « L’occasion d’engranger de l’expérience mais surtout de voir ce que je ne voulais pas: le travail à la chaîne, l’absence d’accompagnement individualisé et de conseil; ça ce n’était pas moi. »
Et comme il n’y a jamais de hasard dans la vie, elle apprend au cours d’un essayage chez Maryse que la propriétaire envisage la retraite. « Je l’ai vu tirer le rideau d’un seul coup et me dire: si tu vends tu m’en parles » se remémore Maryse dans un sourire.

En mars 2019, après un long combat avec les banques et en profitant d’une volonté politique de revalorisation des centre-villes, la transmission est effective. « Le changement a été très progressif pour toutes les deux mais aussi pour les clients. Et si ça a fonctionné c’est que c’est basé sur une entente très forte entre deux passionnées, un soutien, une complémentarité dans les idées et les méthodes nous permettant de parler à deux générations différentes.
« Et pour moi qui ne suis là désormais que quelques jours par semaine, j’ai dû apprendre à savoir où était ma nouvelle place mais j’y prends beaucoup de plaisir » précise l’ex-patronne devenue employée de Valérie. Ensemble elles ont traversé la période Covid mais aussi la désertion des centre-villes au profit de périphéries. « Pourtant la boutique est toujours là car nous apportons des services complémentaires (retouches, conseils personnalisés) qui nous permettent de créer un vrai lien avec des clients fidèles; bref de la proximité. » Outre l’ouverture d’une seconde boutique pour les hommes de l’autre côté de la rue, la vidéo Facebook sur le look du jour (où les commerçants voisins jouent les modèles) et les défilés annuels les idées ne manquent pas. « Et surtout on souhaite continuer à proposer des vêtement de qualité car il y a, même et surtout ici, une vraie clientèle pas encore captive des marques grand public de vêtements produits dans des conditions humaines douteuses. »

Pour preuve, en ce weekend printanier la boutique Indigo participe à la grande braderie des commerçants dans le cadre de la foire de printemps et reste ouverte ce dimanche 22 mars toute la journée.
L’occasion de shopper à prix avantageux et qui sait……. peut-être faire naître une vocation chez une jeune fille venue acheter son premier jean ?


Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.