Bâtie dès l’origine à cheval sur deux villages distincts, la cité des Tabacs semble depuis porter en elle cette identité plurielle. De nombreux éléments laissent encore deviner ce double ADN historique.

Tonneins Dessous et Tonneins Dessus: deux bourgs, deux époques de construction, deux états d’esprit et aujourd’hui une seule et même cité.
Ce passé, cette éternelle ambivalence, Tonneins la porte au quotidien avec une tendance à voir les choses en double: deux églises (Notre Dame et St Pierre), deux écoles de musique, deux clubs de pétanque, deux clubs automobile…la liste n’est pas exhaustive et en oublient sûrement.
Mais surtout une ville qui aujourd’hui, sur ses deux anciens centres bourgs, se développe avec une dynamique très différente: le centre économique entre la place Jean Jaurès et le Jardin Public et un quartier St Pierre où les commerces ont désertés et qui porte une réputation parfois difficile.

Afin de comprendre d’où vient cette croissance différenciée, il nous faut remonter aux origines de la création de la ville.
Si des traces archéologiques préhistoriques ont été retrouvées du côté de Montamat, la zone urbaine qui nous intéresse ne voit le jour que lors du haut Moyen-Âge.

La place Jean Jaurès reprend les contours de l’ancien château de la ville (AG).

Sur les terres de la seigneurie de Bouglon s’est peu à peu élevée le bourg de Tonneins Dessous autour du domaine d’un certain Tonnus, et plus tard d’un château, qui était situé à l’emplacement exact de la place Jean Jaurès (ancienne place du Château), le site prévaut donc par son ancienneté. En surplomb du fleuve et de toute la plaine de Garonne le lieu est stratégique et le développement rapide.
Au XIIème siècle, par le biais d’un mariage une partie des terres de cette seigneurie changent de main et un nouveau village est créé non loin, St Pierre de Tonneins, qui deviendra Tonneins-Dessus. L’actuelle rue du milieu sépare alors Tonneins-Dessus en deux parties.
Entre les deux enceintes on trouve des prés et des champs (d’où le nom de rue des Petits Prés et des Petits Champs). Puis au fur et à mesure de l’étalement urbanistique, les limites des deux Tonneins se rapprochent ostensiblement jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une seule rue qui les séparent, celle de la descente du puits de Lescure.

L’église Notre Dame au coeur de l’ancien Tonneins-Dessous (AG).

Au fil du temps, les deux cités subissent les mêmes outrages dus aux conflits de l’époque; guerre de Cent ans ou de Religion.
Et en 1622, le pire arrive: la ville est entièrement rasée par l’armée de Louis XIII pour tenter de mettre fin à la rébellion entre protestants et catholiques. Une seule maison finira par surplomber un champ de ruines: la maison du passeur en bordure des quais, toujours visible aujourd’hui, et quelques souterrains (Biscarret, Lajaunie…).

L’église St Pierre et sa place sont le coeur du quartier éponyme, ancien Tonneins-Dessus (AG).

Plusieurs dizaines d’années seront nécessaires pour relever en même temps les deux bourgs qui finiront, malgré les réticences de certains habitants, par envisager la fusion en une seule et même cité, Tonneins.
Celle-ci est effective le 4 novembre 1790 même si la première mairie commune ne voit le jour qu’en juillet 1798.
Une hypothèse ou une boutade évoque d’ailleurs la possibilité que Tonneins porte un s à la fin (qu’on prononce ou pas) à cause de cette double identité. Notons que pendant la révolution, la ville s’est brièvement appelée Tonneins La Montagne avant de récupérer son nom actuel.

Aujourd’hui, Tonneins est indivisible. Et pourtant parfois l’esprit de village ou de quartier ressort; le sentiment d’abandon du quartier St Pierre affleure, lui qui ne s’anime que lors du 1er mai, du Carnaval ou du 14 juillet.

Aux élus d’hier et d’aujourd’hui d’arriver à ancrer cette envie de « faire cité ensemble » en traitant de manière égale l’ensemble des quartiers et hameaux de Tonneins.


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