Loin du sentiment d’insécurité souvent vendu pour minimiser la réalité, cet été tonneinquais a été marqué une inflation des problèmes de sécurité.
Les actions de répression globale se font attendre et les riverains continuent de subir, dans la peur et avec un amer sentiment d’abandon.

Plus visibles ou plus nombreux ? La réponse à cette interrogation sur les faits de violence ne change rien au constat factuel. Aujourd’hui Tonneins est devenue une ville où la sécurité publique est défaillante et notamment en centre-ville la nuit..

Et pour anticiper un éventuel procès en alarmisme journalistique, il suffit simplement de lister les faits de manière non exhaustive.
En mars, une violente altercation entre bandes rivales a lieu sur place des Écuries Royales; en mai le palmier de cette même place est incendié, des arbres arrachés à Robinson, des tags apposés sur les bâtiments publics, un commerçant est agressé par arme à feu, les mats d’accueil du pont jetés dans la Garonne; en juillet lors de la Coupe du Monde de nombreux rassemblements et feux d’artifices non autorisés ont lieu place Zoppola et dans le Jardin public; la semaine dernière une violente bagarre a eu lieu dans la rue Gambetta avec couteau et poteau en bois. Il s’agit des faits les plus connus et documentés, notamment par des vidéos et témoignages.
A cela s’ajoutent le quotidien: les rodéos urbains, le tapage nocturne avec hurlements et musique jusqu’à 3 heures du matin, les intimidations et menaces sur fond d’un trafic de drogue connu et surtout visible de tous.


Les secteurs St Jacques/place Jean Jaurès/Écuries Royales et Zoppola/Gambetta/Jardin public sont désormais les plus impactés avec une montée en gravité et intensité sur les trois derniers mois. Cette répétition (et son pendant: l’inaction municipale) usent jour après jour un peu plus la patience des riverains.
Premières victimes de ces faits, ce sont pourtant eux qui doivent adapter leur quotidien: se coucher plus tôt pour s’endormir avant le tapage, s’enfermer à double tour, ne plus emprunter certains trottoirs (ou rues) pour éviter les regards ou les agressions verbales, limiter leurs sorties nocturnes. La peur, ce sont eux et non les fauteurs de trouble qui la subissent. Peu osent témoigner, se plaindre publiquement et encore moins porter plainte, leur confiance dans la justice s’étant érodée comme leur patience. Et ceux qui osent le faire ne peuvent que constater l’impunité et le défaut de conséquences. Même la pétition lancée par Laury Laffargue pour interpeller politiques et citoyens a rencontré un écho limité.

Un cercle vicieux gangrène désormais le centre-ville et ne pas en parler pour préserver « l’image » ne règle pas le problème. L’installation et l’ouverture tardive de certains commerces, les faits divers, la drogue, la peur troublent chaque jour un peu plus cette fameuse image, découragent les investisseurs, paupérisent le centre laissant la place aux trafics nettement plus rentables.

Face à ce constat, la nouvelle municipalité (qui a hérité d’une situation dégradée) ne semble toujours pas prendre la mesure du malaise et des conséquences, ses visites sur le terrain sont inexistantes selon les témoins. Seul un arrêté a été pris en août pour interdire les rassemblements entre minuit et six heures dans le quartier St Pierre, cours de l’Yser et aux Écuries Royales.
Pourtant en mai dans une publication Facebook et lors d’une réunion publique, Denis Bertolaso entendait se montrer « intraitable », rappelait que la sécurité était « une priorité du mandat ».

« Nous ne baisserons jamais les bras sur la sécurité et l’ordre public. «  Recontacté dans le cadre de cet article, le maire a juste souhaité préciser « que la population serait informée courant fin de semestre 2026 sur les mesures qui ont été prises. »

Les oppositions, elles, ont des choses à dire.


Dany Titonel, « femme de droite qui refuse l’aveuglement », rappelle que les faits aujourd’hui « donnent raison à sa campagne et traduisent un manque flagrant d’anticipation et de fermeté. Prendre des arrêtés ne sert à rien si personne n’est sur le terrain pour les appliquer. La réponse doit être directe: un couvre-feu pour les mineurs non accompagnés, la convocation systématique des parents, la suppression ou suspension des aides sociales pour les familles des récidivistes, l’extension des patrouilles de la police municipale toute la semaine et toutes les nuits, la création d’une brigade canine pour sécuriser les agents et pour l’effet dissuasif; être pragmatique dans le recrutement et privilégier les compétences de terrain. La gendarmerie fait un travail remarquable mais son secteur est trop vaste pour assurer la sécurité nocturne de la ville. la commune doit assumer son rôle. » Elle conclut: « on ne peut pas prétexter que les caisses sont vides pour la sécurité du quotidien tout en dégageant des fonds pour les événements d’agrément comme le 15 août à Vénès. La tranquillité des Tonneinquais doit passer avant tout. »


Jérémie Bespéa de son côté déclare « il est difficile de ne pas être préoccupé par la situation. Je ne souhaite pas distribuer les bons et les mauvais points ni noircir le tableau: les faits s’en chargent déjà. Et la répétition interroge sur la capacité à ne pas laisser s’installer le sentiment que tout peut être toléré. Mais les Tonneinquais se sont prononcés: chacun peut désormais regarder la manière dont la ville est administrée.  » Il déplore aussi un défaut d’empathie, d’écoute et d’implication. « Le maire est le garant de l’ordre, de la sécurité, de la tranquillité. Ce ne sont pas des sujets seconds. Nous avions fait des propositions: davantage de présence sur le terrain, de la prévention, une meilleure coordination et une attention plus forte portée à la tranquillité et au cadre de vie. C’est désormais à la majorité de montrer que ses choix répondent à la situation actuelle. Quant aux forces de l’ordre, elles connaissent leur travail. La question est plutôt celle des moyens, des orientations et de la coordination. Elles n’ont pas à porter une responsabilité qui n’est pas la leur. Comme annoncé le 29 mars, notre opposition sera vigilante, dira les choses si nécessaire et fera des propositions. Sans polémique ni complaisance.


Laisser un commentaire