Pour les amateurs d’histoire et de patrimoine ou pour les locaux, voici un petit panorama non exhaustif des pépites marmandaises, hors des sentiers battus.

C’est un comportement assez typique: quand on suit tous les jours le même itinéraire on ne lève même plus la tête sur son environnement quotidien.

Or l’histoire marmandaise mérite mieux que ça tant elle est riche depuis sa fondation médiévale au XIème siècle.
Si on évoque une préexistence gallo-romaine du côté de Granon (sans traces archéologiques probantes), l’existence du château médiéval est lui attesté.
Enfin château… Le terme est un peu excessif dans les premiers temps puisqu’il ne s’agit que d’une simple motte castrale (une tour sur une colline) entourée d’une palissade en bois. Il était situé sur la placette formée par le croisement des rues du Mirail, Laffiteau et des Religieuses, un emplacement stratégique en surplomb de la Garonne qui coule alors contre le rempart, au niveau du Trec.

De là, il est aisé de surveiller, contrôler et monnayer le trafic sur le fleuve, voie importante de circulation. La tour du Passeur, située au bout de la rue Labat et datée du XIVème et XVIIIème siècle, serait selon la légende, le témoin de ce contrôle fluvial.

La tour du Passeur dont les fondations reposent sur les remparts du XIVème siècle (AG).

La ville doit une partie de sa richesse à ce péage mais surtout à la Charte de Coutumes (code civil administratif médiéval) accordée en 1182 par Richard Cœur de Lion qui favorise le commerce, notamment celui du vin exporté par bateau jusqu’à Bordeaux.
Le quartier Labat, à côté du chemin de ronde du Caillou, était le point de ralliement des bateliers. D’ailleurs, si le sol est en galets de Garonne, ce n’est pas seulement pour des raisons esthétiques mais surtout pratiques. Cela permettait de faire rouler plus facilement les tonneaux et marchandises de la ville au fleuve.

Ville catholique dans un environnement protestant, la cité a subi à de nombreuses reprises mises à sac et massacres, mais a toujours su se relever. Pas moins de six institutions religieuses s’y implantent, un vrai témoin du dynamisme de la ville; les ordres mendiants ne vivant que de la générosité des habitants.
Le plus vaste d’entre eux (4000m²), le couvent des Cordeliers, s’étendait sur la place Clémenceau actuelle et la mairie. Incendié en 1569 pendant les Guerres de Religion, il finit par être rasé pour construire la mairie actuelle.
La campagne de fouille menée en 1986 pour la construction du parking souterrain avait permis d’en préciser les contours et ceux de sa nécropole. Celle de 2024 pour la transformation de la place a encore révélé de nouveaux vestiges.

Les Neuf Fontaines alimentés par le plus ancien ruisseau de la ville (AG).

A proximité immédiate, au croisement de la rue Marcel Paul et des Neuf Fontaines, on découvre la plus ancienne source d’eau potable de la ville, celle des Neuf Fontaines. Mentionnée dès 1396 sous le nom de Nau Hons, elle a été canalisée pour créer une fontaine en hémicycle en 1830 avec neuf bouches d’eau à tête de lion.
L’autre ruisseau tout proche était celui d’Onzac (au départ hors les murs) qui alimente aujourd’hui encore le lavoir à galerie du même nom rue du pas St Georges.

Et si vous voulez voir quelques maisons médiévales typique direction les rues Labat et Hirondelle. Cette dernière du fait de exiguïté donne un bon aperçu d’une vraie rue médiévale biscornue. La n°20 et 35 de le rue Labat sont eux les exemples les mieux conservés (quoique très restaurés) de maisons à colombages et encorbellement (cette avancée du premier étage en surplomb du rez-de-chaussée pour protéger les passants du Moyen-Âge des jets de détritus dans le caniveau central). Colombages en croix de St André (en X) et rares sculptures sont même visibles.

Même si elle a été restauré tardivement, cette façade rue Labat présente les habituelles caractéristiques médiévales (AG).

Enfin si vous êtes team nature, rendez-vous au Jardin des Sources, en contrebas de la place Henri Birac. L’espace naturel, qui était le cheminement médiéval pour rallier Granon au chemin de Ronde, a été réaménagé en 2009 sur une zone humide pré-existante qui abritait une cressonnière et la pépinière municipale. Le départ se fait au pied du lavoir des Cinq Cannelles, le premier d’une série originellement composée de trois. Le site préservé et calme est même devenu une réserve pour la biodiversité animale et végétale.

Le lavoir des Cinq Canelles, au pied de la place Henri Birac (AG).

A découvrir ponts après passerelle, en flânant à son rythme histoire, de conclure cette balade avec l’impression d’être très loin du tumulte de la ville.


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