Exploitante agricole à Fauillet depuis janvier 2021, la jeune femme est en pleine saison de l’asperge. L’occasion de revenir sur un parcours compliqué qui n’a pourtant toujours pas eu raison de sa vocation.
Coralie Duberos n’a jamais hérité de la facilité dans son parcours professionnel, et sa santé en aura pâti souvent de manière importante. Et pourtant elle s’accroche toujours à son rêve: faire mieux manger ses semblables avec des fruits et légumes produits de manière raisonnable dans une exploitation située en partie en bord de RD 813 à Fauillet.
Ancienne responsable dans la grande distribution, elle en a côtoyé les pires aspects en termes de conditions de travail et de produits industriels transformés. Une première partie de vie professionnelle qui l’amène au bord du gouffre et du plus grand chambardement de sa vie: retourner à l’essentiel et à la terre en s’installant comme agricultrice. Elle part alors de zéro sans famille dans le métier, sans formation qu’elle entreprend au CFA et sur le terrain, sans terre mais avec le soutien de son mari arboriculteur à ce moment-là.

Cinq ans plus tard, le bilan est loin d’être fantastique malgré la passion et les milliers d’heures de travail. « On n’a pas arrêté d’enchaîner les aléas climatiques qui ont entraîné d’importantes pertes d’exploitation. Certes c’est inhérent à la profession mais ça se cumule avec des facteurs extérieurs qui nous dépassent comme la guerre en Ukraine, l’inflation et maintenant la guerre au Moyen Orient et son impact. Cela contribue à une ambiance un peu morose et à une frilosité économique » déplore -t-elle épuisée. « Et puis surtout je me suis sentie totalement abandonnée par l’Etat après la fin de mon installation. On est totalement lâchés dans la nature et pas préparés psychologiquement à affronter autant de galère. Afin de trouver du soutien et des conseils Coralie est devenu un membre actif du syndicat agricole CR 47. « Et heureusement aussi qu’il y a quelques amis fidèles et des voisins qui viennent filer un coup de main quand ça ne va pas. »

La jeune femme travaille majoritairement seule ou avec son compagnon (qui va bientôt la rejoindre officiellement comme jeune agriculteur) sur une exploitation scindée en deux: la plaine pour les légumes du potager (diverses variétés de tomates, concombres, courgettes, poivron, choux, courges…) et plus haut dans les coteaux les kiwis et les champs d’asperges. » Nous tendons de plus en plus vers la diversification pour répondre au maximum de demandes et aussi couvrir les risques d’échecs potentiels. »
Une charge de travail titanesque d’autant que la jeune agricultrice souhaite faire le plus de choses possibles de manière traditionnelle: culture en pleine terre ou sous serre, désherbage à la main, lâcher d’insectes pour lutter contre les maladies. « Je ne dis pas que nous n’utilisons aucun produits chimiques mais nous en faisons une utilisation la plus raisonnable possible. Car nous consommons aussi ces légumes et que je ne connais que trop bien l’impact de ces produits sur la santé. »

Actuellement c’est l’asperge qui rythme ses journées car elle est l’une des rares productrices du secteur et la saison est courte. « On a déjà la chance de bénéficier de la qualité des terres et de la réputation de l’ancien propriétaire Mr Landier et puis on se donne du mal. On propose différentes variétés d’asperges blanches en termes de maturité; on ramasse là-haut puis on lave, on coupe, on calibre et on vend directement ici à la ferme aux particuliers et aux restaurateurs. » Et ce jour-là effectivement les clients se pressent pour récupérer leurs commandes ou les acheter parfois par caisses de plusieurs kilos et ce en présence de Gaston le cochon.

Ici pas d’esbroufe que du naturel. « On vend aussi des veloutés faits à partir des légumes les plus abîmés. On attend désormais les clients avec impatience et on espère que cette année sera enfin normale et donc réussie. «
Pour les gourmets et amateurs de bons produits, le rendez-vous est fixé au lieu dit « L’indépendance » à Fauillet.


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