Loin des discours rassurants des politiques et des forces de l’ordre, les faits délictueux se multiplient, souvent aux yeux de tous. Entre peur de témoigner des citoyens, faux-fuyant municipaux et gendarmes débordés, la situation sur le terrain devient irrespirable.
19 h ce mercredi 27 mai dans le jardin public de la ville: deux bandes de jeunes squattent les bancs derrière le théâtre de verdure et multiplient les échanges.
Même heure rue Gambetta: impossible d’utiliser le trottoir occupé par des chaises de camping, monopolisé par un attroupement à moto ou trottinettes. Dangereux aussi de traverser les rues à cause des voitures qui circulent à vive allure, musique à fond, qui stationnent warning allumés pour récupérer une marchandise loin des bonbons pour enfants.
21h place Jean Jaurès ou ilôt Clouterie: des guetteurs au bout de la rue font des va et vient téléphone à la main.
Tous se dispersent à la vue des gendarmes ou de la police municipale avant de revenir rapidement dans un jeu du chat et de la souris connu de tous, et ce jusqu’à très tard et très bruyamment dans la nuit.
Au mépris de la tranquillité de la majorité.
Ça, c’est la réalité quotidienne des habitants du centre-ville tonneinquais.
Une situation, certes pas nouvelle, mais qui s’est aggravée et dont le périmètre ne semble plus connaître de limites.
Les promeneurs du soir (ceux qui restent) changent de trottoir ou se font petits.
Le sentiment d’insécurité est fort, alimenté par des illustrations concrètes et quotidiennes. Les restaurateurs ouverts le soir subissent un degré de nuisance qui les poussent à envisager de partir.
Voilà comment on touche aux limites de l’attractivité économique dans un contexte sécuritaire dégradé.

En face le maire Denis Bertolaso déclare « être conscient du problème et ne jamais accepter que Tonneins devienne une zone de non-droit. »
Et si c’était déjà la cas ?
En 2025, la gendarmerie reconnaissait en réunion publique sur la sécurité que la ville était devenue LA plaque tournante du trafic de drogue départemental.
La cité des Tabacs serait-elle devenue la cité de la drogue ?
Certains qualifieront ces propos d’alarmistes, de populistes; d’autres sauteront aux conclusions racistes mais la majorité des citoyens s’exprimera derrière un écran, sur les réseaux pensant que les témoignages directs ne servent à rien. Ce fatalisme nourrissant pourtant le sentiment d’impunité des délinquants et compliquant grandement le travail des forces de l’ordre toujours à la recherches d’informations fiables pour agir.
D’autant que le territoire de la gendarmerie est vaste et le personnel en nombre restreint obligeant à prioriser les interventions. Et ce malgré une caserne flambant neuve inaugurée en 2023 par Emmanuel Macron en personne.

Face à tout ça, ce même mercredi 27 mai à la même heure dans la Manoque l’heure est à la mesure, aux déclarations d’intentions et au dédouannement notamment du maire. « On est là seulement depuis deux mois, on va faire tout ce qu’on peut, on a mis le préfet au courant pour qu’il nous aide, on va renforcer la police municipale et la vidéosurveillance, la sécurité sera une des priorités du mandat, ma porte est ouverte et je suis toujours disponible. «
En réalité, le délai de rendez-vous est au delà d’un mois, une caméra sur 4 ne fonctionnent pas par défaut d’entretien et la promesse électorale de mettre en place le dispositif « Ville de sécurité renforcée » de Bruno Retailleau pour lutter contre le narco trafic a sûrement disparu dans le précipice des économies à tout va.
La déconnexion entre le quotidien de nombreux Tonneinquais et ces déclarations laissent pantois. Même s’il est très clair que la situation dégradée ne date pas d’hier et que c’est un héritage digne d’un boulet.
Au vu de l’ensemble de ces éléments, il paraît cependant légitime de s’interroger.
Quel drame faudra-t-il pour qu’enfin la situation et cet écosystème parallèle soient reconnus comme toxiques pour la ville et verbalisés à la hauteur du malaise et des conséquences qu’ils génèrent ?
Est-ce qu’il est encore seulement possible de revenir en arrière ?


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