Alors que l’un des principaux a priori sur la ville concerne ses habitants précaires, il s’avère qu’il manque encore 235 logements sociaux pour répondre à la loi, et à la demande.

Parlons clair et sans détour: Tonneins est-elle une « ville qui n’accueille que des cassos » (cas sociaux) comme certains se plaisent à la rabacher créant ainsi un déficit d’image qui a tout du boulet. Pour eux, les personnes précaires, celles aidées par le CCAS ou les associations, celles aux faibles revenus, seniors ou plus jeunes seraient là parce qu’il y des logements « en pagaille » pour les accueillir.

Seul problème, Tonneins est loin du compte: il manque en réalité 235 logements sociaux pour que la loi SRU, qui impose aux villes de plus de 3500 habitants la nécessité d’avoir 25% de logements sociaux, soit respectée.
Cette loi Solidarité et Renouvellement Urbain adoptée le 13 décembre 2000 a modifié durablement le droit relatif à l’urbanisme, au logement en prônant notamment une plus grande mixité sociale. L’article 55 impose ce minima de construction à certaines communes sous peine de pénalités.

L’ancienne perception du cours de la Marne va accueillir des logements sociaux (AG).

Actuellement à Tonneins deux bailleurs sociaux (Habitalys et Domofrance) sont parties prenantes de multiples constructions ou réhabilitation en cours ou à venir: place Jean Jaurès au dessus de Vival (7 logements), l’ancienne perception (8 logements), l’ancien immeuble de Solincité (5 logements), l’ancien garage Opel (9 logements) soit 27 logements sans oublier les logements prévus pour les jeunes dans l’ancien tribunal administratif.
Mais on est toujours loin du compte. Et le levier des bailleurs privés est lui plus difficile à activer.

Le logement social va aussi se développer vers le quartier St Pierre avec un projet dans l’ancien immeuble de Solincité (AG)

Les avantages de ce genre de projets de construction pour une commune sont multiples: combler son retard structurel légal et voir son centre-ville embelli par la rénovation des immeubles décrépis. N’étant cependant pas assez nombreux pour rattraper le retard, la ville doit s’acquitter annuellement de 80 000€ d’amende.

L’ancien tribunal administratif pourrait être réhabilité pour faire du logement jeunes (AG).

En général ces bâtiments s’ils sont municipaux sont vendus à prix modique ou une subvention est versée au promoteur pour favoriser la réalisation des projets sur place. Pour l’ancienne majorité Rinaudo « si on ne donne pas ils ne font rien ou ils le font ailleurs. » D’autant qu’une subvention municipale est souvent un appel pour l’obtention de financement communautaire, départemental ou régional. Quant au retour financier sur investissement, il peut prendre des années via la taxe foncière.

La marge de progression est encore importante pour respecter la loi et offrir des conditions de logements décentes au plus grand nombre. Ce qui pourrait venir empiéter sur les plates-bandes des marchands de sommeil promoteurs de logements misérables.
Un marché gagnant-gagnant pour la ville et son dynamisme économique qui le restera seulement si ces projets sont réalisés en transparence et concertation.

Et s’ils sont intégrés de manière harmonieuse au tissu urbain et humain préexistant. La meilleure manière d’éviter les crispations et les a priori.


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