Perchée sur un plateau, la petite cité au très riche passé offre un panorama unique sur la vallée du Lot. Elle sera à découvrir à l’occasion de l’opération « Bastides en fête » ce week-end.

Quel que soit le chemin par lequel on la découvre, Laparade impressionne avant de charmer.
A proximité de Laffite-sur-Lot, Castelmoron-sur-Lot et Tonneins, le village, (qui ne compte plus que 400 âmes) a traversé toutes les époques depuis le Moyen-Age en étant au carrefour de l’Histoire mais aussi de l’économie locale.
Il est pourtant une pure création urbanistique stratégique datée de 1265. Fondé par Alphonse de Poitiers sur les terres cédées par l’abbaye de Clairac, il porte alors le nom de Castelseigneur. Et est partie prenante du mouvement des bastides qui éclosent au XIII-XIVème siècle sur ce qui est alors la frontière franco-anglaise, suite au mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri Plantagenêt.

Au Moyen-Age, le village était clos par trois porte dont une qui contient aujourd’hui le Mur des Fusillés (AG).

Un plan en damier implanté pour protéger du vent dominant dont le cœur est économique (une halle ou une place de marché) et non religieux (comme une église); un emplacement stratégique en hauteur; un lieu où l’élévation se fait par le travail et non le rang social (une exception au Moyen-Age); le tout dans un périmètre protégé de fortifications voici les principales caractéristiques de la cinquantaine de bastides disséminées entre sud Gironde, Dordogne et Lot-et-Garonne.
Au-delà de ces critères, elles ont aussi toujours un rôle bien défini: celui de marqueur de territoire et de conquête de territoire.

Entre les remparts, une vue dégagée qui porte à 250 km à la ronde par temps clair (AG).

Laparade (qui prend son nom actuel en 1277) en possède encore de nombreux éléments mais surtout dégage un charme fou. A toutes les saisons, chaque ruelle donne envie de s’y attarder et de prendre des clichés tous plus instagrammables les uns que les autres. Le lavoir, un ancien treuil en bois, une échelle en bois pour les chats, un crucifix au-dessus d’une ancienne chapelle, les deux puits autour de la halle, les maisons en pisé et briquettes en V typiques et la vue à 180 degrés sur la vallée du Lot, les carrières médiévales voire jusqu’aux Pyrénées par temps clair sont un appel permanent à la flânerie et à la sérénité.

Après avoir été un bastion protestant, le village finit par revenir dans le giron catholique (AG).

Pourtant, serein ce village ne l’a pas toujours été. Tour à tour français et anglais; protestant puis catholique; pilier de l’économie locale (grâce à sa polyculture agricole) puis déserté; inébranlable lieu de martyre de six Résistants en juillet 1944 (auquel le mur des fusillés rend hommage) à Laparade l’Histoire transpire partout depuis 761 ans. Elle sera d’ailleurs à découvrir le dimanche 25 octobre à 10h et 16h grâce à une raconteuse de pays.
L’occasion de découvrir la halle relevée en 1762 et sa charpente complexe, l’église mêlant style roman et gothique, le jardin public qui reprend l’emprise du château fort, la balade et table d’orientation à flanc de fortifications le temple où aurait prêché Calvin.

La halle était le point névralgique de la bastide où se retrouvaient vignerons, marchands, cultivateurs, tisserands (AG).

Balade du dimanche le nez en l’air ou visite pédagogique pour les vacances, Laparade vous offrira forcément une parenthèse de beauté naturelle devenue plus qu’indispensable par les temps qui courent.


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