Ce 21 juillet 2026 restera indéniablement comme un jour sombre de l’histoire tonneinquaise: un violent incendie a ravagé deux ailes du bâtiment daté de 1915.

4150 m² sur 16 000 m² ça paraît peu … sauf quand c’est une partie de l’ADN d’une ville entière qui s’envole en fumée.
Qu’on le veuille ou non, la Manu et Tonneins ne font qu’un et quand la Manu brûle une partie du coeur des Tonneinquais saigne.
Ce mardi matin, le ciel leur est un peu tombé sur la tête après qu’un violent incendie se soit déclaré aux alentours de 9h dans les combles d’une aile de la partie patrimoniale. Ils sont des centaines à avoir fait le déplacement toute la journée (anciens et actuels élus compris) pour voir ce que l’imposant panache de fumée visible à des kilomètres à la ronde laissait malheureusement présager.

L’imposant panache de fumée était visible à des kilomêtres (AG).

Tout semble être allé très vite puisqu’en début de matinée il est ordonné aux ouvriers travaillant au rez-de chaussée d’évacuer immédiatement le site. De la fumée et des flammes s’échappent du toit, les pompiers sont prévenus, mais en moins de 10 minutes la toiture centenaire est déjà embrasée.
S’il est question d’une étincelle d’outillage de chantier, l’enquête démarre à peine mais la cause accidentelle reste privilégiée.

Le pignon de la rue Sébastopol d’où serait parti l’incendie (AG).

D’une grande virulence, l’incendie dévore tout sur son passage et notamment le clocheton en bois qui a rythmé la vie des travailleurs pendant plusieurs siècles. La cheminée elle doit être mise sous surveillance.
Du côté de la rue Sébastopol, tout juste rouverte après les démolitions du mois dernier, le mur pignon se retrouve au moment de l’effondrement de la charpente dans un équilibre précaire. A cet instant là on pense que le pire est passé et pourtant, le feu gagne l’aile voisine encore reliée par une passerelle interstitielle (alors que toutes les autres ont été détruites, ce qui a servi de coupe-feu naturel pour préserver l’enceinte globale).

Le bras télescopique du SDIS 33 a permis d’atteindre les toitures les plus hautes (AG).

Les soldats du feu et leurs engins affluent des casernes voisines mais aussi de la Dordogne et de la Gironde, qui prête aussi un bras élévateur télescopique pouvant passer au-dessus des bâtiments de grandes hauteurs pour arroser les flammes. L’objectif est alors clair pour le SDIS, la Préfecture et la mairie: circonscrire la progression à ces deux ailes plus un bâtiment central. Pour cela 9 lances à eau, 40 véhicules, environ 80 sapeurs pompiers vont oeuvrer dans une fumée âcre et irritante, le périmètre d’exclusion des piétons s’élargissant de minutes en minutes. Vers 12h l’ordre d’évacuer 70 personnes de la rue Gambetta est donné pour les préserver des vapeurs nocives de l’incendie et de l’effondrement éventuel de la façade du bâtiment. Concernant les vapeurs d’amiante, les informations restent contradictoires sur sa présence mais des tests seraient en cours.

Voici les parties qui ont été brûlées en quelques heures (AG).

Vers 14h, lors du point presse le feu est annoncé comme fixé (il ne se développe plus) mais pas éteint. Commence alors une phase de déblaiement et noyage grâce aux indications donnés par un drone à infrarouge qui va permettre de repérer tous les points chauds dans la toiture comme les remblais . Mais sur une surface de 4550 m² le chantier s’annonce immense. « Nous sommes incapables de dire aujourd’hui combien de temps ça prendra » a déclaré le colonel. Autre préoccupation : les murs pignons qui vont être mis sous surveillance de télémètre laser pour analyser leur évolution et voir s’il faut démolir ou conforter.
Une fois les doutes balayés, les riverains de la rue Gambetta pourront rentrer chez eux et contempler ce qu’il restent de ce monument emblématique. En espérant qu’il ne devienne pas un équivalent des Messageries à Marmande: une coquille vide soutenue par des étais derrière une barrière pendant de longues années

Les pompiers ont dû se ravitailler directement dans la Garonne (AG).

A noter que la ville est restée un peu coupée du monde une partie de l’après-midi suite à des déviations mises en place pour libérer le carrefour Fortassis où couraient les tuyaux des pompiers entre la Manu et la Garonne pour alimenter les lances des pompiers.

Alors qu’un nouveau comité de pilotage s’est tenu la semaine dernière et qu’une visite avec le service des Archives Départementales reste maintenue ce mercredi c’est donc une nouvelle épreuve qui attend la majorité qui rêvait à voix haute d’un peu de répit.
Entre la gestion de crise, l’enquête, les assurances, la mise au chômage technique des ouvriers, les conséquences matérielles des destructions de l’incendie, les complications s’accumulent.
Une chose est sûre: grâce à l’incroyable travail des pompiers, l’essentiel est sauf.
Mais au prix de la mémoire des Tonneinquais les plus anciens qui pleuraient leurs souvenirs envolés pendant que les plus jeunes évoquaient eux une référence plus actuelle; l’incendie de Notre Dame de Paris.

L’avenir dira si Tonneins saura faire de cet événement tragique une chance ou un boulet supplémentaire.


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