Lydia Cherton et Julien Joerger se produisent ce jeudi 2 avril à la Manoque pour la pièce « La force du coquelicot. » Un texte qui parle du bonheur d’être en vie et d’avoir envie, en faisant de ses fragilités une force.
Certains textes, oeuvres ont ce pouvoir magique d’abolir les frontières entre spectateur et comédien, entre jeu et réalité. Et souvent c’est parce qu’ils touchent directement au coeur plus qu’à l’intellect.
« Le théâtre c’est avant tout créer du lien. Et donc proposer quelque chose de personnel, qui parle à tous, qui puisse être à la fois universel et interprété de manière ultra personnelle. Sans l’avoir prémédité, cette pièce remporte cet écho-là auprès des spectateurs. C’est un vrai cadeau et un honneur. » Lydia Cherton est l’autrice et une des deux interprètes (avec Julien Joerger) de « La force du coquelicot » qui investira la Manoque ce jeudi 2 avril à 20 h. Un spectacle qui met en scène deux personnages cabossés par le vie de manière différente mais qui vont accepter l’aide l’un de l’autre.
« Il s’agit de ma première pièce, écrite juste avant le Covid mais qui reste désespérément actuelle dans les thèmes qu’elle aborde. Notre société anxiogène nous renvoie sans cesse une images négative, des émotions négatives. J’ai écrit ce texte car il me semblait nécessaire de mettre la vie et la joie de vivre à l’honneur. J’avais envie d’aller chatouiller ce qui fait que cette vie, on y tient quand même. Et qu’elle passe par une joie de vivre qui se cultive » détaille l’autrice. Elle rappelle au passage qu’il ne faut pas opposer les émotions négatives aux positives, qu’elles sont les faces d’une même réalité indispensables l’une à l’autre. « Valoriser la fragilité; en faire une force; comprendre que ce qui nous fait le plus mal, ce qui nous touche le plus c’est aussi ce qui nous fait exister voilà l’ADN de cet oeuvre. »
Pourquoi cette fleur en particulier ? « Parce qu’elle à l’air fragile et pourtant elle pousse sur les territoires les plus ingrats: elle a fait de sa fragilité une force. » Dans un étonnant parallèle l’existence même de cette pièce ressemble à une bouffée d’oxygène en pleine tempête Covid. « J’avais écrit ça juste avant le confinement. Et quand on s’est retrouvé enfermé avec la tournée précédente annulée, j’ai fait ce que je n’aurai jamais fait en temps normal: j’ai envoyé mon texte à un concours d’écriture. J’y ai remporté le « Grand prix du théâtre 2021″ qui a permis de trouver des financements pour la produire, puis l’imprimer » se remémore-t-elle. Jouée à de multiples reprises en festival depuis trois ans, et notamment en Avignon, elle intègre la programmation tonneinquaise après un rude combat.
Ce qui permet aussi à l’enfant du pays Julien Joerger de revenir sur ses terres. Lui qui a commencé le théâtre auprès du mythique Jean-Pierre Plaza avant de se perfectionner à Bordeaux puis d’en vivre à Paris pendant 17 ans via diverses compagnies, projets et court métrages est ravi de pouvoir enfin jouer à la maison. « Pour cette pièce mise en scène par Bruno Banon j’ai dit oui de suite car elle est à la fois, originale, exigeante et bienveillante. Et c’est exactement ce dont les gens ont besoin en ce moment. »
Compte tenu du succès public intergénérationnel qu’elle a remporté on ne saurait trop vous conseiller d’aller voir cette antidote à la morosité qu’est « La force du coquelicot. »


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