« Mon but est d’alléger la charge mentale des mamans car se sont souvent elles qui sont en première ligne entre l’accouchement et le congé maternité. Je veux qu’elles passent du temps qualitatif avec leurs bébés en les déchargeant du non-essentiel mais aussi en étant là pour les écouter. »
La jeune entrepreneuse, installée depuis quelques semaines à la pépinière Eurêka, sait de quoi elle parle. Après cinq années passées comme éducatrice spécialisée à l’ASE pour accompagner des enfants placés et leurs familles, elle a décidé de faire évoluer sa carrière tout en restant dans l’aide à autrui.
« C’est l’aboutissement d’un an de réflexion et d’étude. Je me suis rendu compte qu’il n’y avait rien dans le service à la personne spécifiquement pour les jeunes parents. Lien de vie est né de l’idée de faire des jeunes mamans vulnérables une priorité. J’adore aider mon prochain, j’ai des compétences et je ne trouvai rien sur le territoire d’où l’idée de créer une structure où le lien humain est une priorité. Et puis, en tant que maman, j’ai expérimenté cette intense solitude du post partum, la pression, la fatigue. Peu de gens se rendent compte du changement physique et mental qu’il faut encaisser et gérer. Je veux les déculpabiliser en leur rappelant que demander de l’aide, c’est normal. »
En juillet 2026, Lien de Vie voit le jour avec la volonté de répondre à des besoins concrets.
« Je propose avant ou après l’accouchement des sessions de batch cooking (cuisiner en une seule fois tous les menus de la semaine pour se libérer du temps). Je suis fille de cuisinier-traiteur et il m’a transmis un peu de sa passion, c’est donc un plaisir. Au-delà de la praticité, prendre le temps de bien manger durant cette période-là favorise une meilleure récupération. Je fais évidemment les courses, le rangement, le repassage, la garde des frères et sœurs mais aussi des missions plus spécifiques comme les démarches autour de l’accouchement, l’organisation du retour à la maison, la valise de maternité…
Tout ceci après un rendez-vous préalable pour voir si ça matche, car je rentre quand-même dans l’intimité des gens, et il faut que la confiance et l’entente soient réciproques. »

Généralement cette première rencontre a donc lieu à Tonneins, dans la pépinière d’entreprise communautaire (rue Tarride) dans un bureau à la décoration cosy et pastel, « à mon image. »
En parallèle, la jeune femme propose aussi ses services les plus traditionnels aux personnes en situation de vulnérabilité: convalescence, seniors, période de vie difficile sur devis, au forfait et à l’échelle du département.
« Je suis aussi déclarée comme entreprise « service à la personne » ce qui permet à l’employeur de bénéficier du crédit d’impôt. J’accepte les CESU et certaines mutuelles, assurances ou CAF peuvent assumer une partie du financement. »
Si la demande reste timide pour le moment, Jyaide Cretel sait que les besoins sont énormes et espère que les jeunes mamans n’hésiteront pas à s’offrir un peu de répit et de bienveillance.


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