Deux mois et demi après la fin de son mandat, Dante Rinaudo a repris la parole dans une vidéo. Il en décrypte avec nous le contenu et tire le signal d’alarme sur une nouvelle majorité anonyme et un dynamisme municipal en berne.
Mini tsunami dans le landerneau politique tonneinquais ce 1er juin: Dante Rinaudo est sorti de son silence dans une vidéo d’une quinzaine de minutes publiée sur Facebook. Un peu plus de deux mois après avoir remis son écharpe à Denis Bertolaso, l’ancien maire s’exprime pour la première fois et livre son analyse de ce mandat balbutiant. Entre phrases chocs, constats circonstanciés et projection vers l’avenir, il s’estime « obligé » de faire entendre de nouveau sa voix depuis sa célèbre exploitation de kiwis.
Et s’il confirme qu’il est ravi de pouvoir rattraper 12 ans de vie personnelle et professionnelle mises entre parenthèses, on sent que l’animal politique ne fait que sommeiller et guette d’un oeil acéré l’action de ses successeurs.
« Ce métier de maire, je l’ai fait avec le cœur et avec humanité » pose-t-il d’entrée. « Et quand on laisse 12 ans de sa vie au service des Tonneinquais, on ne peut être que déçu d’assister à ça. Personne ne dit rien mais je suis libre de ne plus me taire. »
Le ton offensif, il revient d’abord sur les premiers jours qui ont suivi la victoire de Denis Bertolaso. « Nous l’avons reçu avec son équipe pendant trois heures avec les chefs de service, les chefs de pôle, le directeur financier pour leur présenter l’ensemble des dossiers en cours et à venir. Nous avons tout détaillé mais j’ai le souvenir d’une équipe qui n’y connaissait rien et de la seule phrase du nouveau maire « Qu’est ce que tu penses du Point Commun ? Est ce que ça vaut le coup ? » J’ai dû le rassurer sur son rôle indispensable auprès des seniors et des jeunes. A la suite de ça, je lui ai proposé plusieurs fois mon aide et de partager mon expérience et mes connaissances. Il a toujours dit oui et j’attends encore qu’il me rappelle. »
A la place de cette main tendue, l’ancien élu dénonce les critiques systématiques et l’entreprise de démolition anti-Rinaudo qui s’est rapidement mise en place. « Outre le manque de reconnaissance, je pense avoir fait une transmission loyale et je n’accepte pas qu’a posteriori on raconte n’importe quoi et notamment sur les finances. L’ensemble de toutes nos décisions a été validé par le directeur des finances qui est toujours en place. Pour la Manu ou le centre des impôts nous avions l’aval de l’EPF et le directeur des finances publiques; je n’ai jamais pris de décisions seul. Ca a été discuté en commission dont Mr Biteau faisait partie et en conseil municipal avec les oppositions. Quant à Mme Kulton, ancienne adjointe aux finances, elle est comptable de nos actions jusqu’à sa démission politique en 2023. »
Particulièrement remonté sur le sujet, il fait même une proposition: « je rêve d’un débat public sur les finances avec Mr Biteau qui n’y connaît rien. J’ai la conscience tranquille, nos bilans sont équilibrés je peux tout sortir. »
Et quand on l’interroge sur le déclic qui l’a conduit à faire cette vidéo il invoque donc « ces vertes critiques, le bashing à l’encontre de mon ancien directeur de communication, les reproches des Tonneinquais qui s’agacent de ne pas me voir réagir et les appels des investisseurs qui disent avoir perdu confiance pour s’installer à Tonneins. En même temps avec un tel manque de dynamisme est-ce étonnant ? Mr Bertolaso démarre très mal son mandat et la ville tombe aux oubliettes. »
Appréciant toujours autant de filer la métaphore maritime il n’hésite pas pour décrire sa vision de ces deux mois de gouvernance « qui n’est pas un bilan mais un constat, et je suis extrêmement inquiet. Ils ont pris le bateau, se sont accaparés la barre et ont baissé les voiles en arrêtant les projets; la machine est donc à l’arrêt, le bateau tangue et il est prêt à se renverser. Il est temps de redresser le cap très sévèrement pour regagner vitesse et dynamisme. «
Cette atonie, il l’attribue aussi à l’absence d’esprit d’entreprise des nouveaux élus. « Aucun n’a d’expérience: Peyros et Biteau n’ont jamais eu d’entreprise ou alors on a vu ce que ça a donné; Moga mesurait les cigares à la Manu et Bertolaso est le plus grand fonctionnaire privé de la commune payé pour l’Etat. Il aurait mieux fait de rester travailler car on avait plus besoin d’un médecin que d’un apprenti maire qui n’y connait rien, n’est pas là et délègue à des gens inexpérimentés. Il ne faut pas s’étonner alors qu’il ne se passe plus rien. Y a des moments où je regretterai presque de ne pas m’être présenté quand je vois ça. »
Rappelons qu’il avait choisi de laisser la tête de liste à Dany Titonel, « mais le message avec les Tonneinquais n’est pas passé. Et aujourd’hui plus personne ne dit rien. J’ai l’impression que les gens ont peur, et notamment en interne, de Moga qui a repris du service officieusement. C’est d’ailleurs lui qui est rentré le premier dans la mairie le lundi après l’installation du conseil et il y est désormais tous les jours. »
Après avoir eu longtemps une forme de respect « car c’est grâce à lui que je suis maire », Dante Rinaudo ne ménage pas ses coups.
« Depuis les sénatoriales, tout a changé et aujourd’hui c’est lui qui tire à nouveau les ficelles, qui a mis le maire sous emprise avec ses apôtres, les démissionnaires revanchards. Je comprends les Tonneinquais qui me disent regretter d’avoir voté Bertolaso car ils se sentent floués sur la promesse. C’est dommage que ce maire se soit laissé enfermer dans cet anti-Rinaudo à tout crin. Ce ne sont que des technocrates menés par un jeune loup aux dents longues qui a trouvé là un tremplin pour autre chose. »
En véritable sniper il n’épargne personne mais, selon ses dires, cela fait mouche car il aurait reçu plusieurs centaines de messages depuis la publication de la vidéo. « Je prends le temps de répondre à tous. Et je vais continuer à m’exprimer, à donner mon avis, dossier par dossier en vidéo, avec le soutien de quelques fidèles. »
Et quand on l’interroge sur la petite phrase de la vidéo « je ne suis candidat à rien, pour le moment » il répond. « Jusqu’à il y a peu ce chapitre d’élu était clos mais quand je vois tout ça, quand je vois qu’on perd VGA, que Bertolaso aide Hocquelet et ses amis à gagner je réfléchis. Je ne suis candidat à rien. Aujourd’hui. «
Vu l’appétence généré par ce retour numérique (plus de 20 000 vues) nul doute que le numéro 4 sur la liste « un Elan de plus pour Tonneins » pourrait dynamiter les débats en conseil municipal en cas de retour dantesque.


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