Niché au bord du Lot, la cité berceau de la culture du tabac offre le cadre d’une riche balade patrimoniale entre maisons à colombage, hôtels particuliers et église abbatiale.
Clairac (ou Cleyrac à l’origine) est aujourd’hui une belle endormie; mais à qui veut bien se donner la peine de la découvrir elle réserve de belles surprises au détour de chaque rue de son riche cœur historique.
Mentionnée pour la première fois au XI ème siècle dans l’écrit d’un abbé, la cité vit son apogée médiéval les deux siècles suivants grâce à son abbaye bénédictine. Elle rassemble alors 120 moines; possède deux moulins sur le Lot, l’autorité sur deux bastides, 5 prieurés et une cinquantaine de paroisses.
Aujourd’hui devenue propriété privée et hébergement touristique, le bâtiment a été restauré en respectant ses plus beaux éléments architecturaux comme le cloître, les tours rondes, ses cheminées monumentales et son souterrain. Le lieu a même servi de refuge à l’école navale en 1944.

Mitoyenne car dépendant originellement de la même entité, l’église St Pierre Es-Liens n’est ouverte que sur rendez-vous. Du Moyen-Age elle n’a conservé que son mur de clôture des nefs et le croisillon nord. Selon les éléments archéologiques, elle était très proche de celle de Moirax avec trois nefs de 18 m de large. Elle conserve aussi aujourd’hui de belles peintures plus tardives d’un peintre italien qui a beaucoup œuvré sur le territoire, Giovanni Masutti. Sa façade actuelle, tel un décor de théâtre, offre le plus beau des écrins aux manifestations estivales.

Et pour y accéder, impossible d’ignorer sur son chemin les magnifiques maisons à colombage et hôtels particuliers de la bourgeoisie locale, à découvrir en se perdant un peu. Beaucoup ont été réhabilitées et offrent un parcours documenté par les plaques jeunes apposées par la Société des Amis de Clairac.
La cité abrite aussi un temple de belle facture; quoi de plus normal puisque Clairac a été une place forte du protestantisme et un foyer majeur de la Réforme en Aquitaine. Ce qui lui a valu d’ailleurs un siège à l’été 1621: les Huguenots résistent deux semaines avant de céder sous les assauts royaux de Louis XIII. Mais contrairement à Tonneins, Clairac ne sera ni saccagée ni rasée ce qui explique son bel état de conservation.

Et pour ceux qui auraient envie de terminer ce petit périple au bord de l’eau direction le Lot, sa plage avec vue et la promenade du moulin qui, sous les frondaisons, permet de découvrir l’autre rive et le moulin déjà présent au Moyen Age.
Un site qui explique à lui seul l’implantation du village et son rayonnement à travers les siècles.


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