Le jeudi 7 mai, la police municipale tonneinquaise accompagnée d’un élu a opéré un recadrage sévère, et inopiné, auprès des commerçants des rues Joffre et Gambetta concernant leurs poubelles.

Après la suppression de la retransmission du conseil municipal en guise de première mesure symbolique mal perçue, la majorité de Denis Bertolaso s’offre un nouveau coup d’éclat controversé sur un sujet inflammable: les ordures ménagères.
Ou plus précisément le stockage des conteneurs chez les commerçants et habitants des deux rues principales du centre-ville.

Lors d’une descente digne du Far West, les policiers municipaux ont déboulé sans prévenir dans la matinée. Sous la supervision de l’élu en charge de l’attractivité enfin descendu sur le terrain (Jonathan Biteau) leur mission était claire: imposer à tous de rentrer ses poubelles dans son commerce pour faire place nette.
Une opération en mode « la loi et l’ordre » orchestrée sans explication ou concertation préalable avec un ultimatum d’une semaine avant la verbalisation systématique (amende de 750€ maximum pour encombrement permanent de la voie publique selon l’article R644-2 du Code Pénal).

Au quotidien beaucoup de riverains laissent leurs poubelles sur le trottoir non par choix mais par obligation (AG)

Il reste donc à chacun huit petits jours pour trouver une solution de stockage souvent inexistante ou parfois incompatible avec les règles d’hygiène en vigueur dans les commerces de bouche.

Pour rappel, il y a environ un an et demi le prestataire de Val de Garonne Agglomération (qui a la compétence « gestion des déchets ») a imposé la suppression des petits seaux poubelles.
La raison ? Une obligation de l’Inspection du Travail pour protéger le dos des ripeurs en leur évitant de trop se baisser.
La conséquence ? Le remplacement par des conteneurs de 120 litres; les commerces de bouche ayant eux souvent des bacs de 770 litres matériellement et légalement impossible à stocker en boutique.

Alors certes, dans un monde parfait il n’y aurait plus aucune poubelle sur les trottoirs et tout le monde aurait raison de s’en réjouir.
Mais dans un monde parfait il y aurait aussi un respect strict du calendrier de collecte.
Ou une municipalité qui crée un local de stockage mutualisé pour la rue Gambetta comme c’est le cas pour la rue Joffre.
Ou a minima des élus qui vont sur le terrain comprendre quels sont les besoins et les contraintes des professionnels et qui manient le dialogue et le compromis avec intelligence plutôt que le bâton de manière aveugle.

Les restaurants de la rue Gambetta et de la place des Ecuries Royales ont un local municipal de stockage sécurisé (AG)

Dans la réalité, il y a des citoyens qui oublient ou ne respectent rien et un constat pour les professionnels de la restauration: soit on rentre sa poubelle et on ferme le commerce soit on laisse sa poubelle dehors et on est verbalisé.
Il y a meilleure politique pour encourager les gens à se réapproprier le centre-ville ou booster l’attractivité économique.

Un trottoir tonneinquais dans un monde idéal…;difficile à tenir face aux contraintes de la réalité (AG)

Cette polémique naissante dénote une nouvelle fois de la part de la nouvelle équipe en place sa méconnaissance de la réalité du terrain et une application technocratique des lois sans pédagogie ni concertation.


Parce que prendre des mesures populaires c’est bien. Mais s’assurer qu’elles sont comprises et réalisables c’est mieux pour ne pas avoir l’air dictatorial.


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