Perdue sur les coteaux, la Ferme du Temple sert d’écrin improbable à des spectacles et conférences. Avec la volonté de rendre la culture accessible à tous, partout. De septembre à août, l’association agri-culturelle Artgriculture CultivActeur devient un acteur incontournable de la programmation culturelle locale. Et ça fait dix ans que ça dure !

A sa tête Evelyne Lucchesi qui vous accueille, avec sa trésorière et artiste Anne Ragel, en se faufilant parmi ses moutons chéris qui s’ébattent en quasi-liberté dans une ferme qui a tout de « La Petite maison dans la prairie. » Un lieu où la biodiversité a repris ses droits et où règne un silence seulement troublé par les sonnailles des ovins et le chant des oiseaux. Facile alors de s’imaginer que le lieu est totalement coupé du monde et pourtant il y est connecté par le plus joli des liens, la culture grâce à sa propriétaire, ex comédienne reconvertie.
« Je suis marseillaise et c’est là bas que j’ai bâti toute ma carrière d’artiste même si mon rêve d’enfant était d’être fermière. A 47 ans avec mon mari nous décidons de changer de vie car je voulais réaliser ce rêve. Je suis donc retournée sur les bancs de l’école avec les jeunes, un vrai bonheur » se remémore-t-elle. Le foncier du Sud Est étant inaccessible, le couple atterrit il y a vingt ans…à Grateloup, dans une exploitation conventionnelle à proximité de l’ancien temple protestant dévoré par les ronces. « Ici c’est ouvert le champ des possibles. On s’est dit qu’on pourrait enfin créer une école alternative avec pour outil pédagogique l’agriculture et l’observation du vivant. Malheureusement il est décédé alors j’ai fait évoluer ce projet et l’association est née il y a tout juste 10 ans. «

Son objectif est simple: amener l’art sous toutes ses formes là où il est le moins accessible, dans les déserts culturels loin des grandes villes. « On a construit l’association sur trois piliers complémentaires: un volet artistique (spectacles, ateliers, résidences d’artiste); un volet environnemental et un volet bien être et développement personnel. »
Passionnées toutes les deux, elles ont réussi leur défi en ayant en moyenne une quarantaine d’adhérents et quasiment autant de spectateurs-participants à chaque événement. « Sur le dernier on a même refusé du monde et à la Fête des Béliers on était 250. » Pour elles le pari est largement rempli car elles n’aspirent pas à faire du nombre mais plutôt du qualitatif et de l’original. Et les fidèles sont au rendez-vous tant du côté des spectateurs souvent venus de loin que des artistes et compagnies.
« J’ai conservé un réseau efficace mais surtout on offre ici une parenthèse enchantée, un peu hors du temps. Beaucoup d’artistes indépendants en sont friands car il trouve le public, peut-être parce qu’il est limité dans son accès à la culture, plus curieux, plus attentif, plus à l’écoute. Et ils sont nombreux à être à la recherche de cet échange plus authentique » analyse Evelyne qui n’oublie pas qu’elle a longtemps fait partie de ce monde des saltimbanques. « Le soutien à cette filière de l’art vivant indépendant est très important pour moi. Nous les rémunérons dignement à la hauteur des moyens de l’association car je sais la difficulté de vivre de ce métier. »

A l’occasion du dixième anniversaire, la célébration se déroulera en deux temps. D’abord ce week-end du 11 et 12 avril puis le 23 août. Pour les deux jours qui viennent sont programmés trois spectacles différents, un feu d’artifice, des auberges espagnoles, un stage de chant, de l’électro, du cabaret bref de la diversité (détail du programme sur le Facebook de l’association). « On travaille sur cet événement depuis plusieurs mois car c’est une étape importante. On espère que le public répondra présent tout comme la météo. Dans tous les cas, la salle de spectacle aménagée dans l’ancienne grange pourra servir de solution de repli. »


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