Une nouvelle fois Tonneins s’illustre dans la mauvaise case. Après les faits divers trop souvent devenus fond de commerce de la presse locale, l’épidémie du buzz touche aussi un microcosme politique tonneinquais déjà en ébullition. Avec comme otages les électeurs.

L’arène: les réseaux sociaux ou plus récemment la salle du conseil municipal. Les dégâts collatéraux: l’absence totale de présentation détaillée des programmes de chacun et la disparition du combat d’idées.

Dernier exemple en date: le refus de débattre en radio émis par deux têtes de listes sur trois. La rencontre aurait dû avoir lieu à la pause déjeuner, le 27 février dernier au théâtre du Jour à Agen, sur invitation de 47 fm et du journal Sud Ouest. Denis Bertolaso avait d’abord donné son accord avant de se rétracter avec pour motif l’absence de la totalité des têtes de listes tonneinquaises. Dany Titonel, elle, n’avait même pas donné suite. Et c’est dans la presse qu’elle a justifié son absence notamment par l’absence de diffusion de 47 fm sur Tonneins, ce qui est rigoureusement faux.

Et ce qui dit aussi son sens des priorités. Mieux vaut éviter le débat s’il n’est pas accompagné de son quart d’heure de gloire locale. Ces deux mêmes candidats ont aussi refusé de débattre à Radio 4.

Dans un monde où la communication doit être un élément parmi d’autres pour gagner une élection, se priver d’un médium pour parler du fond, expliquer le contenu de son programme et ferrailler en bonne intelligence avec l’adversaire semble être devenu optionnel.

A la place, on a droit à des vidéos et des photos, des posts accusateurs, un corbeau numérique qui se croit investi d’une mission d’inquisition, un scandale et des insultes en conseil municipal et désormais des tracts anonymes dans les boîtes aux lettres. Entre victimisation, signature du RN et silence assourdissant, à 14 jours du premier tour des élections, la place dédiée à la présentation des propositions des uns et des autres se réduit à peau de chagrin.

Ce cirque politico-médiatique saura-t-il faire une pause salvatrice ? Car le spectacle donné ici à Tonneins est exactement ce pourquoi les électeurs fuient les urnes en mode « tous pareils, tous pourris. » La politique du spectacle étant le carburant de l’abstentionnisme, alimenté par des réseaux sociaux omnipotents.

Ne reste plus alors qu’à celui qui veut vraiment voter en conscience à lire le programme papier et à assister aux réunions publiques (Tonneins au cœur le 3 mars, Alliance citoyenne pour Tonneins le 4 mars, Un élan de plus pour Tonneins le 13 mars).

Le 23 mars, il sera trop tard pour venir crier au loup alors qu’il est peut-être déjà aux portes de la bergerie.

Le vote éclairé est un droit. Aux électeurs de s’en saisir pleinement et aux politiques de relever le niveau en fournissant de vrais clés de compréhension et de décision. Dans l’intérêt de tous.


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