Ils offrent un panorama unique sur la ville et sont même vantés comme un emblème tonneinquais par la municipalité actuelle. Et pourtant aujourd’hui les quais, à cause notamment de leur entretien aléatoire, donnent plutôt l’impression d’être relégués à un rôle de figuration de seconde zone…. ou d’argument électoral.
C’est sous un rayon de soleil frappant les pierres blondes que le front de Garonne long de 2,5 km révèle tout son caractère à ceux franchissant le pont à l’entrée de la ville. Une superposition de bâtiments, de l’historique plein de charme à la ruine pleine de ronces, longés à leur pied par une promenade empierrée reliant sans discontinuer le quai de la Barre et l’aire de camping-car du quartier St Pierre. A priori donc un spot de rêve qui devrait, à l’image de ceux d’Albi ou de Toulouse, être LE rendez-vous prisé des Tonneinquais et des touristes. C’est très très loin d’être le cas.

Mis à part quelques habitués apaisés par la présence du fleuve, la plupart des Tonneinquais tournent le dos à ce patrimoine naturel et bâti. Et les touristes se contentent éventuellement de les admirer d’en haut, depuis le kiosque. En même temps on peut les comprendre car accéder à ces quais demandent à la fois d’avoir un bon GPS et le cœur bien accroché; hyper sensibles aux odeurs nauséabondes, cadavres de pigeons et arêtes de poisson s’abstenir.
Quatre accès piétonniers sont possibles par l’Escalier des Bains, l’Escalier du Bac, la descente Fontaine de Lescure et la Descente de l’Échelle dispersés le long des cours de l’Yser et de la Marne. Encore faudrait-il qu’ils soient clairement indiqués aux endroits stratégiques et ainsi visibles de tous; ce n’est pas le cas aujourd’hui. Un gros travail de signalétique est à mener pour lier ces quais à leur ville, pour que le centre-ville et ses habitants arrêtent de leur tourner le dos.
Mais le problème majeur reste clairement l’entretien qui indique, par défaut, à quel niveau de priorité la ville place leur importance.

Un exemple significatif reste les conséquences de la montée des eaux du fleuve entre le 22 et le 25 décembre. La crue impose un passage en vigilance orange avec une hauteur d’eau d’environ sept mètres qui recouvre les quais pendant quelques jours. Elle tapisse notamment le bas de la rampe d’accès au pied de la Maison du Passeur (à proximité de la place Jean Jaurès) d’une épaisse boue visqueuse rendant le passage impossible. Le jeudi 8 janvier, soit 17 jours plus tard, la situation est rigoureusement identique et ceux qui tiennent absolument à aller marcher doivent escalader un parapet flirtant avec le vide. Deux jours plus tard, le 10 janvier l’accès est enfin dégagé, les canettes et objets charriés par la crue ramassés. Il aura donc fallu une vingtaine de jours pour rendre sa praticabilité à « l’emblème touristique de la ville » . Si certains pourront évoquer les vacances des services techniques ou de l’association qui gère l’entretien, la durée de l’inaction interroge.

Alors certes, si cet événement est exceptionnel, les détritus et les excréments de chien sont quotidiens. En conséquence peut-être que le nettoyage devrait l’être aussi, or les habitués témoignent que ce n’est pas le cas. On évitera aussi de parler des rats qui animent la balade même en plein jour et du pavement rendu glissant par les mousses et les infiltrations d’eau non traitées. Quant aux bains douches en ruine (certes vendus à un privé) les ronces surplombent quasiment le passage; les détritus; les vitres cassées et murs en décrépitude en font la verrue toujours non traitées de ces quais.

Alors certes la municipalité a tenté des choses aidée par l’association des Terrasses de Garonne. Notamment faire comprendre aux propriétaires que l’entretien des murs sous leurs maisons et surplombant les quais leur revient ou réaliser quelques rafistolages à l’emporte pièce de rigoles défaillantes sans résultat probant. Un livret de diagnostic et de projet, que nous avons pu consulter en détail, cible de manière rigoureuse les problématiques structurelles. Mais s’égare dans le « m’as tu vu » d’actions et de réalisations en oubliant le plus basique: la propreté, la signalétique, les poubelles de tri, les bancs et l’éclairage.

Le plus bel exemple de cet égarement restera sûrement l’édification des lettres géantes de Tonneins pour un coût avoisinant les 20 000€. Un épisode à rebondissement avec changement de lieu de dépose, réalisation d’un second jeu de lettres pour cause d’erreur de dimensions. Aujourd’hui installées au quai de la Barre (sans concertation avec les riverains qui ont perdu toute visibilité sur le fleuve) juste à côté des très glamour composteurs de VGA, elles resteront le symbole d’une dépense inutile et électoraliste puisque illisibles depuis le pont ou la rive opposée.
Alors que la campagne municipale rentre dans le dur, nul doute que si les quais sont véritablement un emblème de la ville les candidats sauront proposer un programme de réhabilitation moins instagrammable mais certainement plus réaliste et concerté.


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