C’est un vieux serpent de mer des échéances électorales locales depuis 25 ans: ressortir du placard le projet de création d’un échangeur autoroutier qui desservirait Tonneins.

Est-ce le manque d’inspiration, la volonté de surfer sur des idées simplistes mais populaires ou une totale méconnaissance du dossier: la question reste entière et pourtant les faits sont têtus. Une bretelle d’autoroute vers Tonneins n’est pas crédible aujourd’hui.

Dans les années 1970, Tonneins refuse la bretelle d’autoroute par peur « d’attirer la délinquance en faisant venir les petits voyous de Bordeaux. » Damazan/Aiguillon bénéficie de ce refus et obtient l’infrastructure.

En 2001, Jean-Pierre Moga, candidat à la mairie de Tonneins, relance cette idée avec la volonté de passer par Razimet et Villeton pour développer l’économie locale. Le conseil général n’est pas contre, les études et avant-projets sont lancés pour un gain de temps estimé à 15 mn et un coût de 11 millions d’euros.

En 2008, changement de majorité au conseil général avec l’élection de Pierre Camani, il exclut le projet du schéma routier départemental. « Parce qu’entre créer un échangeur à 5 km d’un existant pour un coût entre 11 et 20 millions d’euros plus 100 à 200 000€ de coût de fonctionnement annuel et raccourcir le temps de trajet Damazan-Tonneins en refaisant la D134 pour 5 à 6 millions d’euros le choix est fait. »

En 2018, le maire Dante Rinaudo reprend à son compte l’idée de Jean-Pierre Moga et reçoit l’appui de Daniel Benquet, alors président de Val de Garonne Agglomération. Mais la mésentente demeure sur le lieu: Razimet, le Mas, d’Agenais, entre les deux ? Le maire massais de l’époque Francis Duthil fait rapidement comprendre que sa priorité est alors la rénovation du pont qui donnait déjà des signes de faiblesse. Et l’ensemble de ces conciliabules dépendait surtout de l’aval de la société d’autoroute Vinci.

En 2020, Vinci exprime clairement son refus arguant d’un flux routier insuffisant pour rentabiliser un nouvel échangeur, une création qui pénaliserait aussi les deux existants à Marmande et Damazan.

En 2024/25, les travaux de rénovation du pont du Mas d’Agenais sont devenus des travaux d’entretien et de surveillance en attendant la construction d’un nouvel ouvrage devenu impératif mais sur lequel les élus se déchirent à propos de son emplacement.

En 2026, la tête de liste Dany Titonel reprend donc à son compte cette idée de Jean-Pierre Moga et Dante Rinaudo dans un contexte budgétaire national toujours incertain. Et avec un Département qui propose un budget d’investissement de 69 millions contre 80 prévus et où la priorité est l’aide sociale à l’enfance.

Loin du manque d’ambition mais fort du réalisme de la situation actuelle, le serpent de mer risque encore de faire quelques déçus lors de cette nouvelle campagne municipale.


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