La manifestation lance la saison événementielle tonneinquaise 2026 et est promue comme un élément fédérateur majeur. Mais loin de l’angélisme de façade, elle génère aussi beaucoup de mécontentement et des retombées économiques aléatoires.
Le plus grand axe traversant de la ville fermé pendant tout un week-end; un vendredi à la circulation rendue difficile par les déchargements d’ampleur sans signalisation particulière et au détriment des automobilistes qui se retrouvent piégés derrière une remorque ou un camping-car et rabroués par des bénévoles: voilà le quotidien des automobilistes du 9 au 11 janvier dernier. Mais il y eu aussi des riverains se plaignant de groupes électrogènes qui tournent non stop sous leurs fenêtres, des habitants qui ne peuvent plus rentrer de chez eux parce que les exposants installent leurs pièces détachées jusque sur les marches de leur perron ou utilisent leur clôture comme devanture tout un week-end.

Depuis quatre ans, la Bourse automobile des Calandres Tonneinquaises a rejoint Tonneins pour être plus à l’aise que dans le village de Damazan. Mais les années passent et les remontées négatives se multiplient. Et ce malgré des efforts faits du côté de l’association pour aller au devant des riverains impactés.
Certes la manifestation réunit 200 exposants et, du fait de sa précocité dans le calendrier, est devenue un passage obligé pour les fans de vieille mécanique avant les foires de Lyon ou de Paris. Pour autant, cela lui donne-t-elle tous les droits ? De plus en plus de Tonneinquais relèvent les disproportions des conditions d’accueil allouées et notamment le blocage de la circulation de tout un quartier. Le fait de maintenir une telle manifestation en centre-ville pour une poignée d’irréductibles passionnés et ce sur quasiment trois jours interrogent aussi.

Nous avons aussi pu le constater tout le week-end: le samedi et notamment le matin est un jour de grande affluence. Mais dès le soir et encore plus le dimanche matin un bon tiers des vendeurs est déjà reparti et les visiteurs se font plus rares. Dans ce cas là pourquoi maintenir cette durée et les contraintes de fermeture qui vont avec? Autre exemple avec le maintien de la fermeture de la place Zoppola pour une exposition de véhicules anciens qui a eu lieu finalement sur la place de la mairie. Résultat: du stationnement condamné pour rien, au grand dam des commerçants.

Lors d’une intervention vidéo le maire Dante Rinaudo et le président de l’association Patrick Quaranta justifiait cette présence en centre-ville pour « contribuer à son animation et générer des retombées économiques. »

Malheureusement là aussi l’impact économique reste tout à fait relatif. Si de nombreux restaurateurs ont affiché complet le vendredi midi, à leur grande surprise puisque l’arrivée des exposants était prévue pour 14h, le reste du week-end et notamment le samedi midi ont été très calmes. La faute à une restauration mise en place au cœur de la manifestation mais surtout à un stationnement anarchique (malgré des parkings dédiés restés vides du côté du stade Jean Bernège) et un centre-ville devenu difficilement accessible. Pour rappel le samedi est le traditionnel jour du marché ce qui génère déjà un trafic plus important.

Cumuler les deux manifestations, la fermeture d’un axe routier important et une fermeture inutile de la place Zoppola dénote a minima d’un certain manque de concertation global.
Au vu de ce constat partagé, qui n’enlève rien à la passion de ces amoureux de l’automobile ancienne, une petite révision serait peut-être à prévoir pour 2027 concernant le lieu, la durée et l’intégration de la manifestation à la vie économique locale.


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