Tonneinquaise pur jus et passionnée d’Histoire de mère en fille, Véronique Parat a mis à jour l’an dernier une plaque de rue ancienne méconnue. Simplement en levant les yeux lors d’une balade dans le quartier St Pierre.

C’est un petit événement dans le monde de l’histoire locale pourtant passé relativement inaperçu jusqu’ici. Un nouvel élément patrimonial daté de la fin du XVIIIe-XIXe siècle a été mis à jour par cette amoureuse de son quartier St Pierre, Véronique Parat, le 23 février 2025. « De retour d’une balade à la Fontaine de Cuges, un lieu que j’apprécie particulièrement, je marchais le nez en l’air fidèle à mon habitude de tout scruter d’un regard attentif. « 

« Et je ne sais pas pourquoi ce jour-là, alors que j’y passe quotidiennement, cette plaque m’a sauté aux yeux et j’ai de suite su que c’était quelque chose d’important » se remémore-t-elle.

Cette intuition, elle l’a doit à ces consultations régulières du bulletin historique « La Mémoire du Fleuve » rédigé par l’historien local Alain Glayroux. « Je suis une lectrice assidue pour la simple raison que ma maman a fait partie des premières souscriptrices qui ont financé la naissance du bulletin. Ma famille a aussi longtemps tenu le Café de la Paix et compte aussi un médecin devenu maire de la ville (et sénateur) ainsi qu’un boulanger. « 

A peine déchiffrable, la plaque de la rue de l’Égout se trouve au dessus de la plaque d’adressage actuelle (VP)

Habituée du cadastre et des archives, elle décrypte rapidement l’intitulé de cette plaque située rue de la Treille à proximité de l’ancien garage Pouydesseau: rue de l’Égout. La découverte est de taille car elle fait le lien avec celles présentées dans le numéro 60 de La Mémoire du Fleuve en décembre 2020. « La famille Lacassagne nous avait confié deux plaques: celle dite de la « Fontaine de Cuges » située côté Tonneins Dessous et celle des « Corderies Montagne » côté Tonneins Dessus. Ces plaques ont été installées à partir de 1792, deux ans après l’unification des deux villages en seule commune, Tonneins » contextualise Alain Glayroux.

« La découverte de Véronique est importante car la rue de l’Égout se situe à l’emplacement de l’ancien fossé qui séparait Tonneins Dessus et Tonneins Dessous. La nomination de la rue et son emplacement acte de manière symbolique et concrète l’union des deux parties historiques en 1790. »

Seul couac dans cette belle histoire, la plaque est retrouvée in extremis avant le chantier qui va débuter en ce début d’année pour transformer le pâté de maison en logements.

Sur la droite de cet ancien cadastre, on peut distinguer le bâtiment et la rue de l’Egout (DR)

« J’ai pris attache avec les nouveaux propriétaires, la SCCV Clos Lescure, en charge des travaux pour les prévenir de l’existence de cet élément historique. Ils m’ont assuré en prendre acte et agir à sa préservation » souligne Véronique Parat. Les deux premières plaques et la documentation jointe avaient été confiées à la mairie.

Les deux premières plaques
ont été confiées aux bon soin de la mairie (DR)

« Au-delà de la préservation historique, on espère tous les deux une véritable évolution de la politique de dénomination de nos rues » insistent-ils de concert. Tout en appelant de leurs voeux des plaques où les dates de vie et décès, les fonctions soient indiquées voire même renvoient à un QR code avec une notice détaillée. On aimerait aussi bien sûr la dénomination des lieux qui ne le sont pas et une harmonisation visuelle de ces plaques, malgré le coût à l’échelle d’une commune de 10 000 habitants.

Sur cette porte d’une ancienne corderie située impasse Montpezat, on trouve une plaque de numérotation datée de la même époque (VP)

Car ces plaques sont, pour les générations futures, de véritables marqueurs historiques pour peu qu’elles soient intelligemment préservées. C’est à la collectivité mais aussi aux Tonneinquais de les signaler pour les protéger durablement. »


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