Anne Davanture porte la bienveillance dans son regard et le sens de l’accompagnement de son prochain dans son ADN, forgé aux épreuves de la vie. Elle a créé en octobre dernier la structure d’aide Les Petites Mains 47.
Aujourd’hui à la tête de la toute jeune société de services Les Petites Mains 47, l’entrepreneuse a un parcours de vie intense marqué du sceau de la douleur et de la résilience. Et comme il n’y a pas de hasard, elle a choisi d’en faire une force et un moteur de vie.
« J’ai été confronté au handicap dès l’enfance suite à l’accident qui a touché ma maman. J’ai eu de grosses responsabilités très jeune; à 15 ans j’étais chargé d’aider mes frères et ma mère. En réalité pendant 20 ans j’ai été aidante sans le savoir, sans y avoir été préparée au prix de mon adolescence. »
Ce dévouement précoce elle le vit en outre avec la difficulté de l’expatriation. « Et pourtant tout cela a amplifié mon appétence à vouloir aider mon prochain, j’ai toujours su que ça ferait partie de ma vie professionnelle un jour ou l’autre » se remémore-t-elle. Sa carrière commence pourtant dans un grand groupe industriel de traitement de déchets. Fonceuse, curieuse mais surtout polyvalente et avide d’apprendre, elle comprend vite qu’elle n’y trouvera pas son compte.
Elle décide alors de tout lâcher pour devenir simple surveillante dans un établissement scolaire chargée notamment des enfants porteurs de handicap; tout en étant tutrice dans l’association Enfance et Famille auprès d’élèves en échec scolaire. « J’ai ensuite intégré la prestigieuse école parisienne St Martin de France (où sont scolarisés de nombreux enfants de stars ou de diplomates français ou étrangers) comme chef de maison pour gérer 160 élèves hors temps scolaire. » La jeune femme enchaîne ensuite avec une dizaine d’année comme AESH qui confirme sa volonté de travailler notamment auprès des enfants et des familles touchés par l’autisme. « Mon premier élève était non-verbal. J’ai rapidement voulu comprendre et apprendre comment aider le mieux possible. Je viens d’ailleurs très récemment de terminer une nouvelle formation auprès de l’association Planète Autisme. » Bénévole en unité Alzheimer, diplômée en sophrologie, détentrice du CAP Petite Enfance, elle occupe actuellement un poste d’AESH à l’école de Fauillet.

« Je suis arrivée dans le secteur il y a deux ans. Ce déménagement choisi par amour a fait suite à l’épreuve la plus douloureuse de ma vie: la maladie et la perte de mon papa.«
« Là aussi je l’ai accompagné jusqu’au bout, son départ a été un choc terrible dont je commence à peine à me remettre. Mais aujourd’hui je souhaite transformer cette dernière épreuve et ce parcours en quelque chose de positif. » Les Petites Mains 47 naît de ce cheminement douloureux. « J’ai voulu continuer à faire vivre la mémoire de mon père à travers cette nouvelle aventure. Mais je sais aussi qu’il y a d’énormes lacunes en matière d’accompagnement des aidants. En première ligne, ils sont souvent les plus exposés à déclencher des maladies, à s’oublier et à décéder avant les personnes qu’ils accompagnent. Je veux juste proposer un moment de répit sans culpabilité. »
Anne Davanture veut s’adresser aux parents qui accompagnent les enfants malades ou porteurs de handicap, aux enfants qui assistent leurs parents, aux personnes atteintes de maladie comme le cancer qui veulent se libérer de la charge mentale familiale, ne serait-ce qu’une heure. « Aller faire une balade, assurer un rendez-vous professionnel ou médical pour soi, faire des courses, voir des amis ou juste se reposer, je suis là pour prendre le relais de manière progressive, à prix raisonnable et en m’adaptant à chaque situation, envie, rythme. Tout en sachant combien il peut être difficile d’accepter ce lâcher-prise. »
La prise en charge débute d’abord par un échange téléphonique puis une ou plusieurs rencontres qui impliquent toutes les parties suivies potentiellement d’une phase d’adaptation. « Et je reste souple sur la durée, le paiement. On est face à de l’humain en souffrance, il ne faut pas l’oublier. » La professionnelle organise ensuite un retour d’expérience pour rassurer l’aidant ou réorienter l’accompagnement si besoin. Après trois mois d’existence, la société s’est rapprochée de l’ensemble des structures économiques, médicales, paramédicales et institutionnelles pour se faire connaître. Elle espère que l’année 2026 sera celle où elle pourra enfin vivre de sa vocation initiale.
« Ça prendra le temps qu’il faudra mais je sais que je finirais par concrétiser mon rêve, qui répond aussi à une vraie problématique dans une société vieillissante. J’encourage juste les aidants à oser franchir le pas et me contacter. J’ai traversé ce qu’ils traversent, je sais que ce n’est pas facile. Mais comment bien aider ceux qu’on aime si on est mal soi-même ? »


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