Après avoir fait le choix de l’indépendance à 15 ans, celle qui est aujourd’hui une entrepreneuse accomplie dans le monde de l’hôtellerie, revient sur un parcours guidé par l’exigence et le goût du challenge.

Son dernier défi et non des moindres, faire rayonner son ultime bébé: Côté Garonne un hôtel restaurant à la vue panoramique sur la Garonne. Dans un contexte économique compliqué, et dans un environnement urbain qui attend sa rédemption, elle se bat depuis bientôt 3 ans pour proposer à ses clients un moment d’évasion dans ce qu’elle qualifie de « bulle hors du temps. »

L’hôtel « Côté Garonne » et le bar lounge « Le Balcon des Dames », se situent à proximité de la place Jean Jaurès (AG)

« Mon défi depuis l’ouverture ? Faire tomber les a priori sur le côté élitiste du lieu ou sur son emplacement dans un quartier en pleine mue » relate-t-elle. « Tout ceux qui osent franchir la porte ont pourtant la même réaction que moi lorsque j’ai franchi les portes de ce lieu décrépi la première fois en 2022: ils sont irrémédiablement attirés par la vue sur le fleuve, la nature, la lumière qui inonde les lieux et ce profond sentiment de déconnexion apaisante. Donc même si c’est parfois difficile, même s’il y a des jours où je me demande ce que je suis venue faire dans cette galère je continue à y croire, à proposer des choses pour faire vivre ce lieu magique. » Un acharnement, que certains qualifie de folie, qui résulte d’un parcours tumultueux où Viviane Vermorel a appris à encaisser les déconvenues et à en tirer le meilleur: « l’échec ne fait pas partie de mon vocabulaire ni de ma vie. Ma seule option c’est d’avancer avec détermination. »

Le bar lounge offre différents espace cocooning pour travailler ou se détendre (AG)

« Je suis partie de chez moi à 15 ans avec un seul objectif: travailler le plus vite possible. Et ma facilité pour les langues a tout changé: elle m’a ouvert les portes du monde ». Devenue guide, à une époque où organiser un périple de quinze jours en Europe se fait encore avec un stylo et une carte routière, elle prend en charge les employés de Michelin avide de découvertes; avant que la vie familiale l’oblige à la sédentarisation. « J’intègre alors un hôtel 4 étoiles en bas de l’échelle avec un atout de taille: je connaissais déjà les lieux pour y avoir loger mes clients en tant que guide. J’avais donc à la fois l’expérience prestataire et client. » Quelques années, et péripéties, plus tard elle en deviendra la directrice, une période qu’elle décrit comme professionnellement enrichissante mais personnellement catastrophique. » À son actif aussi une création d’entreprise et la direction d’une résidence hôtelière et même une expérience d’élue. Seule ombre qui se profile au tableau de ce parcours mené à 100 à l’heure: la retraite.

« Un ami m’a dit avec humour (et un certain réalisme): jamais tu n’y survivras, on va te trouver un petit truc tranquille. »

D’Est en Ouest, le « petit truc tranquille » déniché sur le Bon Coin se trouve à 1500 km dans une région quasi inconnue, la Nouvelle-Aquitaine. « Des photos, une réputation flatteuse de l’ancien établissement, la garantie de vivre au bord d’un fleuve m’ont fait traverser le pays sans hésiter.  » Arrivée un samedi matin jour de marché rendant l’accès à l’hôtel impossible, elle échoue littéralement à l’office de tourisme. « J’y ai reçu un accueil incroyablement chaleureux.  » Et il valait mieux avant la douche froide de la première visite loin des photos idylliques et plus proche des gravats. « Le miracle est venu au détour d’une porte: j’ai découvert une vue qui m’a coupée le souffle. J’ai alors su que je ne repartirai pas d’ici quelque soit les difficultés. » Six mois de tractations, huit mois de travaux et de mauvaises surprises seront nécessaires pour ouvrir Côté Garonne en mai 2023.

La salle de restaurant, dans le prolongement du bar, offre un cadre spectaculaire à la dégustation (AG)

A la fois hôtel de neuf chambres modulables où le charme des vieilles pierres côtoie les tags de super héros et où le confort cocooning du bar lounge avec piano invite à la rêverie en admirant martin pêcheur et kayakistes, le concept détonne. « Aujourd’hui, une clientèle à la fois familiale, professionnelle, sportive nous fait confiance mais j’aspire vraiment à une ouverture la plus vaste possible . Travailler avec l’humain, rencontrer des personnes et des histoires aussi différentes reste le moteur de cette dernière expérience professionnelle.  » Preuve en est les deux derniers partenariats qui viennent de se nouer. « Le maladie est quelque chose qui me touche à titre privé j’ai donc rejoint sans hésiter le réseau des Hébergeuses Solidaires. Je peux ainsi recevoir des femmes atteintes de cancer ou en rémission qui ont besoin d’une pause loin du quotidien, elle bénéficie d’offres de réduction et de gratuité. Quant au réseau Solikend il me permet de reverser le montant de certaines nuitées à des oeuvres caritatives choisies par le client lors de sa réservation sur ce nouveau site créé à Biarritz. »

Les chambres offrent toutes une décoration personnalisées, la majorité donne sur la Garonne. (AG)
Vue sur la Garonne ou sur la plaine de St Germain, la nature est partout (AG)
La chambre des amoureux sous les combles rencontre toujours un joli succès (AG)

Croyant plus que jamais au potentiel de son hôtel malgré les embûches, Viviane Vermorel continue d’y mettre la même énergie.

« Chaque matin, chaque ouverture devant ce paysage suffisent à me dire que j’ai fait le bon choix. Cette ville, ce territoire le méritent et réservent des pépites qui ne demandent qu’à être découvertes. « 


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