Ancienne championne de tennis de table, elle accompagne aujourd’hui son fils Hugo, étoile montante du sport automobile français, en ne concédant rien à sa vie de femme.

« Nous sommes des facilitateurs. Alors oui, c’est mentalement exigeant et ça demande beaucoup d’efforts; mais c’est donnant-donnant avec Hugo et il s’implique à fond. Et si c’est le prix à payer pour vivre cette aventure en famille, ça me va car je sais pourquoi je le fais. » Isabelle Herrouin n’est pas femme à se dérober devant la difficulté au contraire, c’est une femme de challenge.

Une discipline et un goût de l’effort nés de son passé de sportive. « J’ai longtemps joué en Nationale 1 de tennis de table; je connais le milieu du haut niveau, ses règles et ses exigences en matière d’hygiène de vie notamment. C’est l’une des choses les plus importantes qu’on essaie, avec mon mari Patrick, de transmettre à Hugo » insiste-t-elle en se remémorant les débuts du prodige.
« Depuis son enfance, il est fasciné par la vitesse, les trajectoires et le sport évidemment. Il a d’abord joué au foot avant de découvrir par hasard la F1 via un jeu vidéo. Il y battait tous les records donc on a commencé à se poser des questions. On la fait tester sur le circuit de karting de Caudecoste, c’est là qu’on s’est rendu compte qu’il avait un coup de volant assez exceptionnel, sans jamais avoir appris. Il a donc de suite commencé à pratiquer cette discipline où il a enchaîné les victoires. La F4 s’est ensuite imposée, une autre planète pourtant où l’argent est roi. C’est là qu’il a fallu que je me libère du temps pour trouver des financements et des sponsors. »

Après 20 ans passés chez France Loisirs, elle se reconvertit dans l’immobilier puis décroche un poste de chargée de clientèle dans une grande assurance française. « C’est l’idéal: je peux concilier un travail que j’adore avec un planning adapté à mon autre vie.  » Hugo, de son côté, fait ses études et travaille à Bordeaux mais rentre tous les soirs en train, à Fauillet. « C’est un gros bosseur avec un mental énorme. On lui a appris à optimiser chaque minute que ce soit pour les études, la préparation mentale et physique, les déplacements. Il sait que son rêve est à ce prix là. Et il a appris à être acteur de son histoire et de sa réussite en étant son meilleur ambassadeur car il parle avec son coeur. »
En public, le jeune homme est effectivement impressionnant de maturité et d’aisance, habitué à évoluer dans un milieu plus adulte extrêmement difficile « où certains débarquent en hélicoptère pour les courses et peuvent se permettre de fracasser une voiture tous les week-end. Hugo lui sait la valeur des choses et du travail » précise sa maman. « On a aussi la chance d’être entouré d’un excellent manager et d’un préparateur mental; ensemble on est une équipe. »

Quid de sa place à elle dans cette vie trépidante ? « J’arrive à faire de vraies coupures où je vais traîner la maison; avec de la volonté et de l’organisation c’est toujours possible. Et puis ça ne durera pas toujours, il faut en profiter maintenant. les vacances, les restaurants on verra plus tard. « 

En attendant, toute la petite famille espère que Hugo sera retenu lors de la session Porsche de fin octobre qui lui assurera une équipe et un financement. Quoiqu’il arrive, c’est vers l’endurance que se dessinera la suite de sa carrière.

Avec une mère et tout un clan derrière lui pour l’aider à accomplir son rêve.


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