Forteresse de briques et de pierres au style Louis XIII unique dans le secteur, elle est le témoin d’une époque où les seigneurs de Calonges dominaient jusqu’à Tonneins.

L’emplacement est et reste toujours aussi spectaculaire et stratégique. Sur une terrasse surplombant, de l’Antiquité romaine à l’autoroute d’aujourd’hui, la voie reliant Agen à Bordeaux, la seigneurie calongeaise a longtemps dominé, contrôlé, surveillé toute la vallée en asseyant son prestige.
Aujourd’hui en vente pour 430 000€, ces 500 m² de bâti n’ont pas été épargnés par les outrages du temps. Et pourtant quel que soit le chemin par lequel on le découvre, il a toujours fière allure.

L’alternance de briques et de pierres donnent un style rare à ce château (AG).

Classé Monument Historique, il remplace un castrum médiéval érigé par Bernard de Cantiran dont les traces sont encore visibles dans les sous-sols et qui est mentionné dès 1276. Il permettait de verrouiller la zone subissant par alternance le joug franco-anglais.
Quant au château qu’on voit aujourd’hui, c’est à Jacques de Chaussade qu’on le doit. Il utilise l’ensemble de la terrasse trapézoïdale orientée à l’est et soutenue par une enceinte de briques pour faire construire une résidence d’apparat et d’habitation d’une grande modernité pour l’époque. De style maniériste dit des Trois crayons, il alterne sur les façades la brique et la pierre ce qui donne un graphisme très élaboré et luxueux pour l’époque, extrêmement rare à l’échelle de la région. Ce contraste est si raffiné que c’est celui que l’on retrouve sur la place des Vosges à Paris.

Le domaine a conservé ses deux châtelets d’entrée, sur celui-ci on distingue encore les éléments du pont levis (AG).

En 1758, Antoine Quelen de Stura, comte de Lavauguyon rachète le château. issu de la Haute noblesse, il élève la seigneurie de Calonges, Tonneins Dessus et Tonneins Dessous au rang de duché dont le château est le siège.
Fenêtres à meneaux typiques de la Renaissance et lucarnes à frontons triangulaires ou cintrés rythment la façade; escalier monumental d’honneur; cave voûtée; étage noble composé de pièces en enfilade, plafond décoré d’une fresque représentant la déesse Flore entourée d’angelots d’inspiration Nicolas Poussin: tout est encore là. Vendu en 1792 comme bien national après la Révolution, il est délaissé et en 1818, le deuxième étage du bâtiment principal est abattu et transformé en séchoir à tabac.

Le château domine l’ensemble de la vallée de la Garonne ainsi que la voie reliant Agen à Bordeaux (AG).

Le domaine s’endort alors doucement passant de main en main au sein des propriétaires terriens locaux.
Aujourd’hui, il attend toujours, telle la Belle au bois dormant, le passionné qui saura lui redonner son lustre en préservant son histoire.

Et pour les amateurs d’histoire locale et de patrimoine il reste toujours, dans une vue de carte postale, un bâtiment majestueux qui n’a sûrement pas encore livré tous ses secrets.


Laisser un commentaire