Annabelle Chaudruc, brocanteuse passionnée, a su rebondir après la fermeture imprévue de sa boutique en créant un showroom privé, accessible sur rendez-vous.
Elle est un visage familier des Tonneinquais qu’ils soient fans de brocante, ou plus prosaïquement de tickets à gratter.
Pendant deux ans, Annabelle a tenu sa boutique de jolies vieilleries cours de l’Yser. Une aventure interrompue il y a quelques mois de manière brutale, et contre sa volonté, à la suite d’un différend avec son propriétaire. « Je me suis alors retrouvé sans logement et sans magasin; il a fallu rebondir très vite et notamment retrouver un toit et un travail. »
Un bouleversement de plus pour celle qui a toujours su se débrouiller. « J’ai repris mon boulot de vendeuse en bureau de tabac le matin. » L’après-midi, elle continue de se consacrer à son autre vie, sa passion, son autre travail: la chine, le relooking et la vente de meubles et accessoires de décoration de seconde main.
Des activités incrustées dans son ADN depuis l’enfance, elle qui a grandi au milieu de la récup’ et des meubles de métiers anciens. « On a jamais vraiment eu de trucs neufs à la maison. Je me souviens avoir meublé, à 18 ans, mon premier appartement entièrement avec de la récupération, lave-linge compris. » Une manière de vivre le réemploi au quotidien, bien avant qu’il soit à la mode. « J’aime les choses qui ont une âme, des cicatrices et une histoire à raconter. » Aujourd’hui sa maman est sa « plus grande fan » et son papa n’hésite jamais à proposer ses bras en cas de meubles encombrants à récupérer. Tous les week-end, elle court les vide-greniers; en semaine elle vide les maisons quand on l’appelle à l’aide.

Et toutes ces trouvailles, elle a d’abord commencé à les vendre sur internet pendant deux ans. Son goût sûr, sa passion pour les miroirs et le rotin, sa capacité à relooker les meubles de manière naturelle et sans bling bling font rapidement son succès, localement comme à l’international et notamment grâce à des sites comme Vinted. Au point d’avoir besoin de plus de visibilité, de stockage et d’envisager la création d’une boutique physique en février 2024.
D’un espace atypique elle en fait un cocon où il faisait bon venir s’inspirer et farfouiller en repartant rarement les mains vides. « J’avais même fini par installer mon atelier dans la boutique mais il semblerait que le destin en ait décidé autrement. «
Après une braderie pour liquider le stock, la boutique a fermé ses portes, un véritable crève-cœur pour sa créatrice.
« Tout ce qu’il me restait je l’ai entassé dans mon nouveau garage et j’ai poursuivi la vente en ligne, les clients fidèles du coin venaient même directement au garage mais c’était trop petit et pas pratique. »

En août 2026, Ana Original entame donc une énième mue en créant le Cabanon, une annexe en bois où elle peut enfin laisser libre-court à son talent pour la décoration d’intérieur. Elle reçoit sur rendez-vous (par message privé) dans un lieu enfin dédié où les objets peuvent être mis en avant de la plus belle des manières, la scénographie évoluant au gré des saisons et des arrivages.
Ouvert depuis environ un mois, le Cabanon a rapidement retrouvé ses habitués. « Pour moi, ça n’est pas une nouvelle ère, c’est la poursuite de la même aventure avec certes moins de visibilité directe mais beaucoup plus de liberté. Si j’ai une maison à vider à la dernière minute au moins je n’annule pas de rendez-vous.
En parallèle, la vente en ligne continue avec un succès certain, « environ 3 à 4 colis par jour. »
Là où pendant quelques mois, faute de place, il a fallu contenir les acquisitions, désormais le virus de la chine est prêt à reprendre sa place.


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