Au détour de chaque ruelle, le village conserve les vestiges de son riche passé historique et offre au visiteur qui accepte de fureter un peu de jolies pépites qui le conduiront peut-être jusqu’en Dordogne !

La topographie reste marqué le rempart circulaire médiéval (AG).

Lavoir, moulin à eau et à vent, cloître, halle, maison forte, rempart sous les ronces, églises et châteaux: voici la liste non exhaustive des atouts de Gontaud de Nogaret. A mi-chemin entre Marmande et Tonneins, le village concentre un nombre élevé d’exemples de ce qu’on nomme le « petit patrimoine ». Rien n’est forcément évident au premier regard mais il suffit de se perdre autour du triptyque église-halle-château pour découvrir ces invisibles témoins d’une Histoire qui les dépassent.

La halle reste, depuis des centaines d’années, le coeur battant du village (AG).

La halle en bois offre un excellent point de départ, et d’arrivée, à la balade. Le lieu est central et permettra, au retour, de faire une pause et de se ravitailler pour le déjeuner dans l’emblématique boulangerie du village. Lieu central de la vie gontaudaise, elle n’a jamais perdu son rôle fédérateur et commercial. Erigée au XIVe siècle, détruite en 1580 lors de l’incendie du village pendant les Guerres de Religion, relevée avec ses poutres originelles en 1700, ornée d’une tour à horloge au XIXe siècle, elle n’a cessé d’évoluer avec son temps.

A proximité immédiate, le château de Gontaut-Biron est un peu l’emblème de ce bourg historique même s’il offre au visiteur du XXIe siècle un visage tronqué par les outrages du temps mais aussi ceux de l’Histoire.
Deux tours carrées massives, probablement arasées, couvertes d’ardoise encadre un logis au stylé Renaissance plus chaleureux desservis par une tour polygonale abritant un escalier à vis, un rempart qui court jusqu’à la Canaule, le ruisseau local, et une topographie resserrée de village médiéval faisant bloc autour de son pouvoir temporel et spirituel: voilà les beaux restes de ce monument historique du XVe siècle toujours habité.
Eléments manquants aujourd’hui mais toujours visibles sur d’anciennes photos: l’arche enjambant la route menant vers Hautesvignes qui était l’une des portes de la ville; le portail massif devant la tour polygonale; les anciennes écuries détruites en partie détruites lors des derniers travaux de rénovation urbaines. Malgré cela, la carte postale fonctionne surtout si on se rend dans le petit jardin créé juste à côté qui offre une vue plongeante sur la tour et le jardin du château.

Le porte ouvragée avec des arcatures à pinacle est identique à celle du château de Biron en Dordogne (AG).

Et détail peu connu, sauf des amateurs de patrimoine médiéval local, des nombreux détails architecturaux le relient à son grand frère le château de Biron, à la limite entre le Lot-et-Garonne et la Dordogne. La visite des deux vous permettra d’y retrouver des similitudes au niveau des cheminées mais aussi la même tour polygonale et la même porte à arcature ouvragée qui donne sur l’escalier à vis. Lors des Guerres de Religion, le château est le seul et unique bâtiment qui restera debout après le siège et l’incendie du village favorable aux Huguenots le 13 juillet 1580. Village martyre de l’époque, le massacre de sa population suffira à mater les autres villages rebelles et de les prendre sans heurt.

Trois vitraux installés dans le bas-côtés de l’église romane Notre Dame de l’Assomption illustrent d’ailleurs très bien cet épisode clé de l’histoire locale. Mais avant de franchir les portes de l’édifice, il faut d’abord prendre le temps d’en faire le tour.
Parmi les éléments les plus anciens: façade clocher-mur avec rosace et à l’opposé un chevet composé des trois absides romanes qui, à l’extérieur, offre de jolies sculptures naïves à la base des chapiteaux des baies. Oeuvre des moines bénédictins qui avait un prieuré dans le village (dépendant du Mas d’Agenais) le bâtiment a d’abord été détruit lors de la croisade contre les Albigeois puis lors de l’incendie de 1580 et subit plusieurs campagnes de restauration tardives ce qui explique un mélange de styles et d’époques. La décoration intérieure, aujourd’hui très abîmée, abrite aussi des fresques du peintre italien Mazutti.

Le moulin de Gibra veille sur le village et ses alentours depuis le XIXe siècle (AG).

Enfin s’il vous reste quelques forces, un petit détour s’impose par le moulin de Gibra qui vous tend les bras sur les coteaux. Rénové entièrement en 1981, il est parfois ouvert pour la journée des Moulins ou celle du Patrimoine. Sa visite permet de découvrir un bâtiment sur trois étages: au rez-de-chaussée une pièce de vie monacale avec lit et table, à l’étage la machinerie avec meule de pierre et à la cave le tombeau du meunier Gustave Laporte (et de ses parents) qui avait demandé à être enterré assis à côté d’une table supportant un morceau de pain, une bougie à la main. et une boîte d’allumettes.

Au-delà d’une éventuelle visite intérieure, le site offre un point de vue exceptionnel sur la vallée et offrira un joli coin de pique-nique à l’écart de la foule.


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