La présentation du budget supplémentaire suite au changement d’équipe municipale a laissé entrevoir, selon la majorité, « une situation préoccupante. » Les conséquences sont immédiates.
Depuis des semaines, les rumeurs allaient bon train autour de la situation financière municipale. Des informations qui ont donc fini par être confirmées ce jeudi 25 juin lors d’un conseil municipal d’un peu plus de deux heures.
L’adjoint aux finances Jonathan Biteau s’est attelé à cet épineux sujet en détaillant les conséquences du compte financier unique de 2025 sur la nouvelle mandature.
Baisse des recettes de fonctionnement, perte de 200 000€ d’impôts et taxes pour 2025 (600 000€ en trois ans de baisse consécutive), augmentation croissante des dépenses, épargne à -200 000€ pour cause d’emprunt à rembourser, 6,6 millions d’euros d’investissement en 2025 (contre 2 millions en moyenne sur les années précédentes) et au final 230 000€ qui reste à affecter. « J’ai reçu un courrier il y a deux mois m’annonçant que la commune avait 641 000€ d’impayés » narre le maire Denis Bertolaso. « Au total nous sommes à 7, 5 millions de dette plus les deux millions à rembourser de la Manu en 2028 soit 10 millions de dette pour un budget global de 11 millions. Le comptable public nous a dit que nous étions au bord du surendettement et la direction des Finances nous a donné un seul conseil: augmenter les impôts; c’est difficile car on vient d’être élu.
Mais je suis comptable de l’argent des Tonneinquais, nous allons donc réduire la voilure et voir ce qu’il se passe. Notre projet pour le moment: faire attention. »
Alors présentation alarmiste ou réaliste ? Pour l’opposition, cette vision catastrophiste n’est pas la solution. « Je n’accepterai pas la tentation de la majorité de s’engager dans un argumentaire un peu facile du style « on ne peut pas tenir toutes nos promesses car il n’y a plus d’argent. Là, vous faites juste les poches des Tonneinquais » a assené l’opposant Tarik Laouani.
« C’est pas catastrophique, c’est préoccupant et ça nous empêche de nous projeter vers l’avenir » a cru bon de préciser le premier magistrat, juste avant de lister les projets qui seront victime de cette berezina.

L’Athénée (bâtiment historique qui abrite les poubelles et les engins de nettoyage) que la municipalité Rinaudo voulait transformer en salle des lotos (après l’avoir d’abord prévue au centre des impôts) ne changera finalement pas d’usage. Quant à la salle des lotos, elle change de nouveau de lieu potentiel pour peut-être finir à la Manu (un architecte travaille sur le sujet).
La Manu récente qui devait accueillir le projet pharaonique d’un investisseur andorran ne se fera pas faute d’investisseurs suffisants.
Le projet de subventionnement en faveur des propriétaires des quais pour la réfection de leur mur de soutènement est lui repoussé, pour le moment. « Nous arrivons depuis deux mois; on a le temps, sept ans pour y arriver. »
Quant au Gitem, il a été mis en vente. Acheté 280 000€, son prix de cession est fixé à 240 000€ « mais pas sûr qu’on le vende à ce prix-là » a précisé le maire. Pour rappel, l’achat du bâtiment par l’EPF pour le compte de la ville (qui date de plus de huit ans) devra lui être remboursé au plus tard en avril 2027; il y a donc urgence.
D’autant que le maire a confirmé que le projet de pharmacie était avorté au profit, peut-être, de la réalisation de quinze appartements. Tarik Laouani et Jérémie Bespéa ont suggéré un achat mais il leur a été répondu que la ville était « déjà propriétaire de nombreux biens et que l’Histoire de Tonneins c’est la halle à côté, pas ce bâtiment. »
Si effectivement, la situation financière est si tendue qu’annoncée, la grande braderie des biens immobiliers inutiles pourrait ne faire que commencer.


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