A l’occasion de cette édition anniversaire, qui a fait d’un minuscule village un creuset d’idées bouillonnantes, le Festival International du Journalisme recevra notamment un Prix Nobel de la Paix.

Qui aurait parié sur cette idée saugrenue en 2016 ?
Rassembler des journalistes des plus grandes rédactions françaises et internationales, accueillir des invités de prestige, proposer des conférences habituellement réservées au cénacle parisien le tout dans un village de 385 habitants aux confins d’un des département les plus méconnus de l’hexagone.

Probablement personne, et pourtant 10 ans plus tard le FIJ (Festival International du Journalisme) est devenu une institution indéboulonnable et Couthures/Garonne a acquis une notoriété inespérée auprès des locaux comme des professionnels des médias.

Couthures sur Garonne vit pendant trois jours au rythme du festival (AG)

Du 10 au 12 juillet prochain, tout un village va vivre au rythme du festival qu’il a fait sien du moindre pré à la cale, en passant par la place centrale à l’ombre de l’église ou au site Fous de Garonne.
A l’origine de cet incroyable événement, un heureux concours de circonstance: le journaliste grand reporter et directeur de France Info, aujourd’hui disparu, Philippe Chaffajon avait acheté une maison ici. Laurence Corona, une amie ayant fait carrière dans l’édition et la presse venue rendre visite à sa famille, fit la connaissance du maire d’alors Jean-Michel Moreau. C’est ensemble qu’ils ont l’idée de ce festival hors des sentiers battus, dont le groupe le Monde a repris les rênes en 2017.
Ce choc des cultures improbable version Paris-Province a donné naissance à un événement bicéphale largement soutenu par la Région. le Département, Val de Garonne Agglomération et la ville de Marmande.

En 2024, le FIJ a reçu notamment le journaliste Paul Larrouturou (AG).

L’ADN du FIJ: débattre et s’instruire sérieusement sans se prendre au sérieux, à échelle humaine.

Le succès est tel que la capacité d’accueil flirte désormais avec son maximum (10 000 personnes). Sur la dernière édition, le FIJ 2025 a reçu 9600 festivaliers (+5% par rapport à 2024); de nombreux fidèles reconnaissables à leur gourdes et à leur sièges pliables, et des curieux rapidement convaincus par la possibilité de réfléchir assis sur des bottes de paille sous un chapiteau.

Claire Chazal a aussi fait le déplacement jusqu’en Lot-et-Garonne (AG).

Festival éco responsable, inclusif, tourné vers la jeunesse et l’éducation aux médias, ancré dans son territoire et sa gastronomie, il s’impose comme « un événement d’intérêt communautaire » et une formidable vitrine de notre département.

Pour cette dixième édition, et comme à chaque fois, les thématiques ont été choisies cet automne, aiguillées par le vote du public sur les réseaux. Elles sont au nombre de sept: zone interdite aux journalistes: informer malgré tout: l’IA alliée ou ennemie du journalisme; peut-on encore croire à la transition écologique: faire la fête à quoi ça sert; menace sur le journalisme d’investigation; jeunesse, égalité, metoo: le temps du contrecoup; la question migratoire, miroir d’une société fracturée.
Chaque thème sera l’occasion de débats-conférences, de questions-réponses ou de masterclass avec la volonté toujours de s’interroger sur le pourquoi du journalisme indépendant, ses limites, son avenir.

Parmi les intervenants de prestige de cette 10ème édition on peut citer le journaliste russe, Prix Nobel de la Paix Dmitri Mouratov; Anne-Elizabeth Lemoine présentatrice de C à vous; la député écologiste Sandrine Rousseau, l’humoriste Mahaut Drama; l’écrivain et critique Frédéric Beigbeder; la dessinatrice de presse Coco; la journaliste honorée du prix Albert Londres 2024 Lorraine de Foucher et bien d’autres.

Sans barrière ni ton sentencieux, en toute simplicité tous défendent la célèbre citation d’Albert Londres: « Notre rôle n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. »


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